ET SI NOUS EN FAISIONS UN LIVRE ?!
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LE CLAIRON

numéro zéro
Printemps 2006


FAITS ET GESTES

Il y a des signes qui ne trompent pas. LE CLAIRON, troisième journal en ligne de notre association. Après "L'Astringent journal d'art et d'essai : variations énigmatiques" Après "L'Apaecho". Voici LE CLAIRON ! Il sonnera aux yeux des visiteurs du site à raison de quatre publications annuelles : printemps, été, automne, hiver.
Si LE CLAIRON est le troisième journal d'APAE, c'est aussi parce que l'environnement de notre site et l'équipe d'APAE évoluent pour la troisième fois. De Livres Libres à Apaeditions nous avons choisi de conserver notre adresse internet ".com" telle qu'elle figure sur la plupart de nos livres pour plus de clarté.

LE CLAIRON
 est dirigé et réalisé par le bureau d'APAE. Les auteurs que nous éditons pourront y proposer des textes, articles, mais aussi vous lecteur visiteur, si vous le souhaitez vous pourrez nous faire parvenir un texte susceptible d'y paraître - Pour cela utilisez la boîte contact -

PSYCHO

Nous vous présentons SIMONE.

Simone est l’une des premières personnes à s’être connectée à notre nouveau site et à nous proposer une rubrique pour LE CLAIRON.

SIMONE
nous éclairera de ses articles qui traiteront de psychologie et de philosophie. Voici le premier :

L’esprit, la littérature et la philosophie, sont l’essence même de l’humanité, même si je crois que l’on peut communément convenir que l’humain n’en est qu’au stade médiéval de son intellect. Le Moyen-Âge mental caractérise chacun de nous car nous avançons du même pas dans le même mouvement, vers l’évolution. Néanmoins un être qui serait dépourvu d’esprit, de littérature, de philosophie, le serait aussi de sens moral.

J’ai choisi pour mon premier « papier » d’esquisser le portait d’une personne en insultant une autre. Nous avons tous des exemples qui nous viennent immédiatement à l’esprit. Il suffit de prendre son véhicule pour affronter la mauvaise foi "des autres", le « c’est pas moi c’est toi ». Cet état mental s’accompagne souvent d’un point final : le bras d’honneur.

Celui qui l’emploi, révèle à celui à qui il est destiné comme à ceux qui en sont témoins, son manque d’envergure, son niveau intellectuellement limité, un tempérament envieux et une libido bloquée au stade anal. Son petit frère le doigt d’honneur, lui, affirme en outre une personnalité mesquine, une homosexualité refoulée, souvent masquée par une homophobie exacerbée.

LOGO

Notre nouveau logo est l’œuvre de Nouman Gernonne que nous vous présenterons prochainement dans notre rubrique Plus près des auteurs.

LES CROCS

Entretien LE CLAIRON Jacques MADESCLAIRE : Patrick Gabella pour le livre « Loup parmi les loups » paru fin janvier 2006. 

Patrick Gabella a livré aux passionnés du loup la traduction du récit de Werner Freund. Ami du célèbre éthologue allemand, il nous permet de profiter enfin de ce document impressionnant et passionnant, dont nous sommes fiers d’avoir l’exclusivité. Disponible à Merzig au parc des loups de Werner Freund, chez Patrick Gabella et chez APAE, nous avons choisi une diffusion raisonnée et nous remercions les lecteurs qui déjà nombreux ont répondus présents au rendez-vous des amoureux du loup.

Ma vertu préférée ?
PG : La patience.

Le principal trait de mon caractère ?
PG : La franchise, la sincérité.
La qualité que je préfère chez les hommes ?
PG : L’amitié vraie.
Et chez les femmes ?
PG : La douceur.
Mon principal défaut ?
PG : La gourmandise.
Ma principale qualité ?
PG : La franchise, la sincérité.
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?
PG : Leur écoute et leur compréhension à mon égard.
Mon occupation préférée ?
PG : Les balades en compagnie de mes chiens.
Mon rêve de bonheur ?
PG : Vivre en pleine nature à l’écart des hommes comme les trappeurs.
Quel serait mon plus grand malheur ?
PG : Devenir malvoyant.
A part moi-même qui voudrais-je être ?
PG : Werner Freund.
Où aimerais-je vivre ?
PG : Au fin fond d’une vallée Vosgienne.
La couleur que je préfère ?
PG : Le bleu.
La fleur que j’aime ?
PG : Le géranium, parce que c’est l’emblème de l’Alsace.
L’oiseau que je préfère ?
PG : Le merle.
Mes auteurs favoris ?
PG : Jack Kerouac.
Mes poètes préférés ?
PG : Charles Baudelaire.
Mes héros dans la fiction ?
PG : Je n’aime pas la science fiction.
Et mes héroïnes favorites ?
PG : Daisy la fiancée de Donald, parce qu’elle a beaucoup de mérite de le supporter depuis 50 ans !
Mes compositeurs préférés ?
PG : Je n’ai pas de préférence.
Mes peintres préférés ?
PG : Claude Monet.
Mes héros dans la vie réelle ?
PG : J’ai beaucoup d’admiration pour l’œuvre de Walt Disney.
Mes héros dans l’histoire ?
PG : Geronimo.
Ma nourriture et boisson préférées ?

PG :
La choucroute. L’eau.

Ce que je déteste par-dessus tout ?
PG : L’incompréhension et le mensonge.
Le personnage historique que je n’aime pas ?
PG: William Cody alias Buffalo Bill.
Le fait historique que je méprise le plus ?
PG : L’annexion du Tibet par la Chine.
Le fait militaire que j’estime le plus ?
PG : Le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie.
La réforme que j’estime le plus
 ?

PG : La protection du loup par la convention de Berne.
Le don de la nature que je voudrais avoir ?
PG : Savoir voler comme un aigle.
Comment j’aimerais mourir ?
PG : Assassiné à 80 ans par un mari jaloux !
L’état présent de mon esprit ?
PG : Faire connaître au public francophone l’œuvre de Werner Freund.
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ?
PG : Les infractions au code de la route !
Ma devise ?
PG : Marche ou crève. La devise des légionnaires.

 
CIAO…

Vous n’avez pas eu l’occasion de découvrir L’APAECHO d’automne 2005, pour des raisons indépendantes de notre volonté.

Il était prêt, nous avions notamment réalisé un entretien avec Martine Salvatore et s’il nous semble redondant d’afficher deux questionnaires à la suite, il nous a semblé d’autant plus indispensable de le faire comme cela, pour marquer le mot « FIN » au bas de ces turpitudes fâcheuses.

Entretien APAÉCHO Jacques MADESCLAIRE : Martine SALVATORE pour son livre « Rêve d’enfant » paru début octobre 2005.

Présente au 19ème Salon Régional du Livre pour la Jeunesse à TROYES, sur le Thème « LES AMÉRIQUES », nous avons proposé à Martine SALVATORE de se prêter au questionnaire de Proust, lors de l’entretien réalisé « Espace Argence », magnifique lieu plein de vie et de liberté qui accueillait l’évènement du 13 au 16 octobre 2005.

Le questionnaire de Proust de Martine Salvatore : 
       

Ma vertu préférée ?
MS : L’intégrité.
Le principal trait de mon caractère ?
MS : Rêveuse.
La qualité que je préfère chez les hommes ?
MS : Leur complémentarité par rapport aux femmes.
Et chez les femmes ?
MS : La douceur.
Mon principal défaut ?
MS : L’impatience.
Ma principale qualité ?
MS : La franchise.
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?
MS : Leur amitié.
Mon occupation préférée ?
MS : Les promenades en forêt.
Mon rêve de bonheur ?
MS : La plénitude.
Quel serait mon plus grand malheur ?
MS : La mort de mes enfants.
A part moi-même qui voudrais-je être ?
MS : Une fermière.
Où aimerais-je vivre ?
MS : Là où je vis.
La couleur que je préfère ?
MS : le brun.
La fleur que j’aime ?
MS : Les fleurs des champs.
L’oiseau que je préfère ?
MS : La mésange.
Mes auteurs favoris ?
MS : Françoise Dolto.
Mes poètes préférés ?
MS : Paul Eluard.
Mes héros dans la fiction ?
MS : Aucun.
Et mes héroïnes favorites ?
MS : Laura Hingals.
Mes compositeurs préférés ?
MS : Francis Cabrel, Francis Lalanne.
Mes peintres préférés ?
MS : Picasso.
Mes héros dans la vie réelle ?
MS : Je n’ai pas de héros. Je connais des personnes avec qui j’ai travaillé qui sont vraiment bien.
Mes héros dans l’histoire ?
MS : Le roi soleil.
Ma nourriture et boisson préférées ?

MS : Le fromage, fruits et légumes. L’eau.

Ce que je déteste par-dessus tout ?
MS : La violence et la haine.
Le personnage historique que je n’aime pas ?
MS : Hitler.
Les faits historiques que je méprise le plus ?
MS : N’importe quelle guerre.
Le fait militaire que j’estime le plus ?
MS : La révolution française.
La réforme que j’estime le plus ?

MS : Le droit de vote pour les femmes en France.

Le don de la nature que je voudrais avoir ?
MS : Savoir magnétiser.
Comment j’aimerais mourir ?
MS : En dormant dans mon lit.
L’état présent de mon esprit ?
MS : Je me sens très bien. Je suis cadrée dans mon corps et dans mon esprit.
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ?
MS : Je n’ai pas d’indulgence particulière, mais pour plein de choses.
Ma devise ?
MS : La vie est belle. 


KINO

THE LEOPARD MAN (L’homme leopard)

(Jacques Tourneur – 1943)

Évocation d’Alain Hourtoulle

Val Lewton ; producteur à la RKO à partir de 1942 ; fait réaliser  une série de films à petit budget, dont entre autres « La malédiction des hommes chats » de Robert Wise (1944 - film à redécouvrir absolument), « La septième victime » de Mark Robson (1943), mais surtout trois films de Jacques Tourneur : « La féline » (1942), « Vaudou » (1943) et « L’homme léopard » (1943) ; tous masquant leur manque de moyens par des idées de mise en scène accentuant la suggestion et le pouvoir de l’imagination.

L’action de « L’homme léopard » se situe au Nouveau-Mexique. Alors qu’elle est exhibée dans un numéro de cabaret, une panthère s’échappe. S’ensuit une série de morts violentes.

Mort de la petite Teresa. Après qu’elle ait été nez à nez avec la panthère, nous la voyons s’enfuir puis toute la scène se passe hors champ : nous l’entendons au seuil de sa porte, implorer sa mère d’ouvrir. Nous voyons  cette dernière non consciente du réel danger, continuer ses occupations. Mais alors que la petite fille hurle et qu’un rugissement se fait entendre ; après avoir enfin tenté d’ouvrir la porte ; elle ne découvrira qu’une flaque de sang s’infiltrer sous l’issue.

Mort de Consuelo, qui intervient alors qu’elle se laisse surprendre par la nuit, enfermée dans le cimetière où elle a un rendez-vous amoureux. Peu à peu elle prend peur. Cette scène, qu’on dirait tout droit sortie de « La féline », flirte avec le fantastique : la pleine lune, le vent murmure entre les buissons, tout, dans ce cimetière, devient inquiétant.

Là encore Tourneur utilise le hors champ : Consuelo appelle à l’aide alors qu’une voiture démarre ; son conducteur vient à son secours à l’aide d’une échelle. De cet homme nous ne verrons rien : nous restons avec Consuelo seuls dans le cimetière. Après sa mort, la caméra en plongée nous montre les différents protagonistes emprunter l’échelle  pour pénétrer dans le cimetière, action hautement symbolique.

Mort de Clo-Clo, danseuse de castagnettes : ce sont les forces occultes qui la menacent, un mauvais œil qui plane, les cartes qui sont tirées, le destin dans ce qu’il a de plus mauvais qui s’accomplit.

Ce qui séduit également dans ce film, c’est la façon qu’a le réalisateur d’y intégrer les personnages. C’est Clo-Clo (qu’une diseuse de bonne aventure voit mourir prochainement ...) qui d’une certaine manière crée un lien entre eux.

Au début du film, nous entendons d’abord les castagnettes, puis découvrons Clo-Clo dans le champ. Leurs sons indisposent Kiki Walker alors dans une loge voisine. Nous faisons sa connaissance et bientôt celle de son impresario accompagné de la panthère. Plus tard, nous suivons Clo-Clo rentrant chez elle, croiser Teresa à sa fenêtre ;  la caméra suit alors Teresa.

Pour Consuelo ; c’est Rosita sa servante que Clo-Clo rencontrera chez le fleuriste ; qui nous mènera droit chez sa maîtresse.

Finalement, peu importe qui ou quoi commet les meurtres : ce sont les peurs ancrées en chacun des protagonistes qui les mènent à leur perte (c’est la peur du noir qui fera prendre à Teresa le chemin qui lui semble le plus propice, mais lui sera fatal).

Série B au climat insolite et riche en trouvailles ; présage pour son réalisateur, qui confirmera par sa filmographie, avec des moments forts comme « La griffe du passé » en 1947, « Berlin express » en 1948 ou encore « La flèche et le flambeau » en 1950 ; son immense talent. 




LE CLAIRON 

numéro 1 automne 2006 


P’tit Teddyto


Vous l’attendiez pour l’été ? Mieux vaut tard que jamais ! Nous remercions nos collaborateurs pour leur patience et nos lecteurs pour leur ténacité, ou peut être est-ce l’inverse. A la veille du Salon du Livre de COLMAR, nous pouvons dresser un little bilan de cette année 2006. Il est bon !

Nous vous invitons à venir rencontrer les auteurs, découvrir leurs livres, passer un bon moment sur notre stand, envisager la biographie, colonne vertébrale d’APAE.

Nous offrons à SIMONE le soin d’organiser la parution des prochains numéros du CLAIRON.


BZ : Auteur Breton, bourlingueur amarré, BZ nous présente un livre original, illustré par Nouman Gernonne et dont la couverture a été réalisée X E Solon, deux nouveaux collaborateurs d’APAE. Le premier pour ces conceptions graphiques, le deuxième dans des réalisations photographiques originales. Un petit bijou de créativité.

eXTRAITs :

 LA CRITIQUE

 Ne critique pas. Ce que tu critiques
N’est jamais que le reflet de ta propre personnalité
Que tu n’as pas encore comblé !
Ne critique pas cela non plus ; il t’enfermera
Dans un carcan idéologique qui t’empêcherait de
T’épanouir.
Regarde, accepte et apprends ! ?

LA VERITE 

La vérité n’existe pas !
Dans toute vérité, il y a un mensonge.
 Tout mensonge contient une vérité.
La raison est illusion et ne peut exister.
Tout est virtuel,
Tout est un.
Accepte cela et un nouvel horizon
S’ouvrira à toi ! ?



JULIA M TEAN : L’éveil d’une reine  LE TOME II Du ciel et des ténèbres sortira en avant première pour le SALON DU LIVRE DE COLMAR. Son troisième livre celui d’une princesse de l’écriture, en perpétuelle recherche. A ses côtés pour les dédicaces les 25 et 26 novembre Fabrice Erard, illustrateur talentueux des deux tomes.

eXTRAIT :

Négraféaras

            La nuit. Noire. Poisseuse et lourde étend son manteau sur les murs, les arbres et les montagnes. Pas un bruit, pas un souffle. Seul le murmure des feuilles mortes sous leurs pas les suit et les rassure. Elles sont trois. Elles avancent à petits pas, fébrilement, jetant des regards aux alentours, par crainte d’être reconnues.

             Elles savent qu’elles ne sont plus loin du lieu de rendez-vous. Déjà elles entendent le chuintement d’une fontaine et, le cœur battant, elles lèvent les yeux au ciel étoilé et réalisent que tout est prêt. La lune d’une blancheur glaciale se gorge d’une incroyable lumière et, soudain, comme si un géant appuyait son pouce au milieu d’une orange, elle s’ouvre en quartiers lumineux d’où s’écoulent des ruisseaux argentés.

            A la hâte, les trois fées noires déploient leurs ailes de chauve-souris, et un gobelet d’or à la main, elles recueillent l’élixir. Leurs visages sont extrêmement pâles à la lueur des étoiles, et leurs yeux d’un noir intense scintillent de cruauté. En bas, les bras grands ouverts, un personnage étrange referme les quartiers de lune, lui rendant ainsi sa forme originelle. Tout son corps est enveloppé de noir, et les trois fées, absorbées dans la contemplation du liquide lunaire, ne le remarquent pas.

-  Maintenant que vous détenez les clés des trois royaumes, vous pouvez chercher l’enfant. Quand vous l’aurez, apportez-le moi et Féerie sera à vous pour toujours ! dit la créature d’une voix aussi sourde que le tonnerre.

            Elles sursautent, risquant de renverser le précieux contenu qui se balance dans leurs gobelets. Alors, portant le récipient à leurs lèvres, elles l’avalent d’un trait et disparaissent en un éclair, happées par un faisceau de lumière.

            Au milieu de la nuit, le faisceau s’ouvre à nouveau, les déposant au cœur d’une splendide forêt. Le sourire au bord des lèvres, elles savourent les parfums de lichen et des pins qui les entourent. Leurs grandes ailes restent déployées et menacent le ciel en masquant la candeur de ses étoiles.

            Un magnifique palais aux colonnes d’ivoire et de verre se dresse devant elles. Armées de leurs baguettes magiques, de minuscules fées gardent l’entrée. Mais avant même que l’une d’entre elles ait le temps de sonner l’alarme, elles se retrouvent figées dans les airs, les yeux ronds d’étonnement et le visage déformé par la peur.

D’un pas décidé, les fées noires continuent leur route, figeant les pauvres petites âmes qui barrent leur chemin, d’un claquement de doigts. Leurs sinistres ombres s’étalent sur les murs du palais, tachant les tableaux et les lustres de cristal où balancent quelques fées immobilisées par le mauvais sort.

De sa main osseuse, la meneuse du groupe pousse une haute porte d’ivoire. Un léger souffle palpite dans ses cheveux quand elle passe sa tête dans la pièce, l’enivrant de sa douce odeur vanillée. La bouche tordue par une grimace triomphante, elle saisit dans son berceau un bébé, qui comme sa mère ne peut réagir sous le poids d’un sommeil lourd et contagieux. Seul un cri s’échappe de la gorge de l’enfant qui se referme sous les doigts de la fée. Personne ne l’a entendu, personne ne l’entendra plus. La pièce qui renfermait tant de tendresse et de paix s’obscurcit et se gorge d’une noirceur palpable tandis que les deux autres créatures murmurent d’obscures incantations.

Leur besogne terminée, le trio se rassemble autour du bébé, et en un clignement de paupières, elles se retrouvent là où l’être vêtu de noir leur avait donné rendez-vous. Le soleil se lève paisiblement, flottant entre les roches où chante un ruisseau limpide. Tout autour d’elles, tout n’est qu’étendue d’eau. Une cascade tombe en fracas au loin, s’écrasant sur un lac aux reflets d’argent. Elles n’en croient pas leurs yeux.  Toute cette beauté qui s’offre à elles est un cadeau extraordinaire. De l’eau ! De l’eau qui coule à volonté ! Voilà le royaume qu’elles attendaient.

Fermant les yeux, elles repensent à leur triste monde. Le monde des négraféaras, celui des fées noires. Là-bas, tout n’est que froid et glace, blancheur et mort. Et toute cette eau, si vivante, si bruyante, leur donne l’espoir d’une vie meilleure.

L’enfant s’éveille doucement entre les bras de la meneuse, et alors qu’elle ouvre les yeux, une douleur effroyable la saisit. Impuissantes, les trois négraféaras se jettent des regards médusés. Tout leur corps semble fondre, se dissoudre sous l’effet de l’acide qui brûle chaque parcelle de leur peau. A travers leurs yeux gorgés de sel, elles voient face à elles, un personnage vêtu d’une robe noire, qui avec précaution, détache l’enfant de leurs mains de statues.

Au loin, debout en haut de la cascade, un homme, le visage dissimulé sous une capuche, brandit son poing au ciel en hurlant de rage :

- Je t’aurai Aguelis !


André KRAEMER : Un poète de l’authentique dont nous saluons chaleureusement l’entrée chez APAE – Parution du recueil vers Noël prochain.

Toi l’Arbre,

Toi petite graine, portée par l’alizé, tu vogues à son gré
pour trouver une terre accueillante, au creux d’une
 motte tu prends racine.
Lentement et sûrement tu évolues d’une frêle
constitution, au départ, tu prends des forces, tes bras
 s’écartent, ton torse se bombe, tes feuilles s’épanouissent.
Déjà tu abrites un nid douillet où un joyeux gazouillis
retentit, tes belles feuilles ombrages de l’ardeur des
rayons brûlants, cette merveilleuse naissance.
Ton cœur accueille un gentil écureuil qui amasse sa pitance
 pour les jours d’hiver.
Une main innocente grave à tout jamais, un cœur dans ta
 peau et tes larmes ne sont pas de douleur, mais de fierté.
L’échafaud de justice ? Ou d’injustice ? N’était pas ton choix.
De ton essence, ils ont fait des bâtons de feu, des affuts aux
bouches meurtrières, plantés des croix d’infamie…
Ta vocation est l’ossature des palais, des cathédrales, des
 petits logis. Tu clos les alcôves où se joue la vie, les
drames, tu protèges les trésors.
Tu guides, celui qui ne vois pas la lumière du jour, tu
soutien le chancelant aux membres brisés, tu es la rame qui
sauve le naufragé, tu sers de support aux beaux
manuscrits, aux livres à tranches dorées, comme à de
simples écritures.
Tout là haut, vois ma mie, notre petit cœur s’est transformé
en un immense amour.
Tu nous réchauffes, de tes flammes dans l’âtre et éclaires nos
 nuits.
Au crépuscule, de notre passage, tu nous abrites de la froideur
de la terre, et que notre repos soit éternel en laissant ces mots.

« Souvenez-vous de lui, d’elle, d’eux »
 

Merci, Monsieur l’Arbre.


Intermezzo


Pendant le Salon du Livre de Saint Louis début mai 2006, l’un de nous a lancé l’idée d’un thème sur lequel plancheraient les auteurs présents : La mollesse est-elle une qualité ?

Loin d’inspirer les auteurs présents, ils ont tout de même pour certains eut l’audace de relever le défi.

Damien Fournier livrait son texte en poleman :

L’âme aux laisses et telle une cale I.T. ?
La molle laissait-elle une cas alitée ?
L’hameau laid tèle eu nœud cal y thé ?
Las mots les c’te aile huhn K lit tes ?
                        La mollesse est-elle une qualité ? ? ?
                        Mais j’en sais rien !
                        Mes gens c’est ri, hein !
                        Met j’enserre y un !
                        Mets-je en série 1 ! 

Et Simone trouvait dans ce sujet quelques semaines plus tard matière à vomir :

Pour LE CLAIRON : SIMONE nous éclaire de ses articles psycho philosophiques :

L’AGESSE

Elle s’en lassait toute seule au pied de cet arbre et pensait : « La mollesse est-elle une qualité ? »

Cela dépend en vérité. La mollesse, nonchalante, affable, prégnante, s’apprend. « Quoiqu’initité » par son attitude, nous n’évoquons pas là le chaland qui passe, ne fait que passer, qu’on oublie. Ni celle qui, dans un pantalon serrant de trop près ses jumelles extrémités caudales, perclus d’ombres impactées. Cette mollesse affichée, d’un autre texte de traitement, cela ferait l’objet. Il ne s’agit pas non plus de la mollesse de son conjoint qui, trois pas derrière ou trois pas devant... Cette mollesse subie cette mollesse résignée, respirée. La prégnante, affable, nonchalante mollesse s’apprend. Vivre sans cet état revient à refuser une infime sagesse.

L’AGESSE : Ce qui arrive avec l’expérience sans s’apprendre. L’âgesse, c’est la conscience du passé, fondement de demain et invariablement fruit du présent. La mollesse, ce regard, cette candeur qui habite la conscience du soi. Cette âgesse acquise à coup de déprime, à l’addition de petites victoires, qui n’en feront jamais une belle, une grande. Nos petits échecs, nos petits renoncements, marques davantage notre esprit que les vains succès du moment, qui ne sont que des frottements. La mollesse, cette sorte de résignation, comme ce moteur dont on entend le sourd ronronnement nous entourer. Comme un Spitfire répondant à un Falcon. Un cheminement tout en ondulations vagues, comme une abeille, un bourdon, avec des hauts et des bas. Un algorithme froid une musique qui sape finalement.

Alors l’âgesse, c’est se sentir bien là-dedans ? Peut-être pas si bien mais si habitué. Son synonyme : mollesse n’est pas réellement synonymique. Ce serait plutôt l’étape ultime, la marche palière avant l’âgesse.

L’âgesse, est forcément exempte de stress, de regret, de remord, avec une grande maîtrise de ses pensées cognitives. Une conscience que l’unité peut opérer entre les deux hémisphères et l’âme pour s’emparer du corps. La mollesse en tant que telle n’est certainement pas une grande qualité, tout juste une capacité d’inertie. Pourtant elle participe du puzzle de l’âgesse et en cela, si ce n’est une qualité elle en est au moins une étape positive.

La mollesse en tant que corps constituant du caractère d’un personnage serait en revanche une grave lacune caractérielle si elle y faisait lit. Elle phagocyterait par l’attrait larvaire du cocon l’invertébré sans maintient de l’ordre de sa propre enveloppe et finirait complètement timbrée en composte. La mollesse est l’écho du purin et de la peur, cette infirmité qui nous paralyse et nous prive de la réalité. La peur n'empêche pas le danger ! Ni la conscience de sa propre vacuité, inutile et congénitale. Navrante, tel un asticot grillé sur une plaque vitro céram',  dont il ne resterait qu’une gangue vide.

La mollesse sourde, source de paresse, de méchanceté de non responsabilité : " Ce sont les autres et jamais moi qui suis responsable de ce qui m’arrive". Ne pas voir, ne pas savoir. C’est comme l’étron d’un ongulé sauvage habité de micro-organismes. Des millions de petites vies étronniques non conscientisées et tout aussi universelles que l’homme. L’échelle humaine comme étronnage, le maître étron, nouvelle norme statutaire de la dignité humaine. Mais non, je ne suis pas dépressive, laissez-moi poursuivre enfin : les faits sont têtus et frappent le miroir dans lequel je me regarde. Je les vois arriver et s’écraser comme des mouches sur un pare-brise à la tombée de la nuit, un petit soir moite, juillet avant l’orage. Au réveil le matin, poches binoculaires, cheveux en hécatombe, haleine de catacombe jouxtant les égouts. Ah c’est pas gai l’homo sapiens. C’est pas beau, c’est pas gentil, pas aimable. Passable mouvant, moulant comme ce fameux pantalon de chalande à reliefs.

L’âgesse n’est pas la sagesse, qui est le point final à tous les renoncements. Faute de carburant, une soumission, une subission. L’âgesse est un choix, pas la sagesse qui est un esprit voir un état par défaut.

   SIMONE




 SIMONE 2006 X E Solon



w  e  i  n  b  e  r  g

Cher Albert, nous avons discuté pendant une heure, de choses et d’autres. Pendant que courageusement vous me dédicaciez les livres que j’avais avec gourmandise acheté pour mon fils. Vous auriez pu, il est vrai et je l’aurai compris après cette journée harassante, me prier de renoncer ou de me contenter d’une dédicace. Je n’ai eu ni le cœur de le faire à votre place ni la courtoisie. Car c’était pour mon fils. Et si je ne le regrette pas, c’est grâce à votre gentillesse et votre accueil et aussi parce qu’il est des moments inoubliables, comme se faire dédicacer sur les lieux maintenant désertés d’un Salon Littéraire prisé, ces 4 B.D.






X E S
présentation : Xavier Edouard Solon (appelez le « Xav » si vous voulez) est né à Lyon. Premières photographies à l’âge de cinq ans avec un petit appareil offert par ses grands-parents. Étudiant, il vit à Paris où il perpétue la passion de son art. Rencontré au Salon du Livre de Colmar en novembre 2005, il nous a proposé de participer à APAE pour la conception de nos couvertures. Nous lui avons proposé en avril dernier d’enrichir notre site de quelques-unes de ses œuvres.

Xav n’aime pas être devant l’objectif. Il nous a donné l’idée de mettre une photographie particulière, de sa création ou non, à la place d’un portrait, pour les auteurs ou autre collaborateur d’APAE qui ne souhaiteraient pas dévoiler leur visage. Le résultat est supprenant, étonnant.

Nous aimons l’art photographique et nous soutenons Solon, au style particulier et poétique. Sa préférence va au flou, où rondeur et fondu se mêlent, s'enlacent. C’est également un shooteur cathodique avec des créations moirées et neigeuses, où la netteté n’a pas sa place. Il aime à se définir comme « un impressionniste pointiiste nageant vers le surréalisme ».  Nous attendons avec impatience de réaliser avec lui son questionnaire de Proust.

Pour contacter notre premier collaborateur dans l’art de la photographie vous pouvez utiliser la boîte contact.


à suivre LE CLAIRON de l'hiver / numéro 2

Sommaire :

- Edito:
Les Black Mailer's et Cyber Warrior's en prison ?
- Simone:
Encore de belles promesses !
- nOUVEAUTES:
- Et la biographie ? Qui va là ?
- A la Découverte d'un site ami :
   http://www.carnalis-galeries.com/    ou l'expression photographique
- 2007 enfin une année impaire.

Parution février/mars 2007






LE CLAIRON 

numéro 2 hiver 2007


Au moment où nous nous apprêtions à mettre en ligne le numéro 2 du Clairon, nous apprenions le décès accidentel de SIMONE. 
C'est donc dans la peine et le deuil que nous vous annonçons cette terrible nouvelle et que nous sabordons LE CLAIRON avec l'émouvant souvenir de sa collaboration. Elle était belle SIMONE, au dehors comme en dedans et en philosophe, avait beaucoup aimé le dernier livre de Michel Baran, pour lequel elle était en train d'achever un article à paraître dans LE CLAIRON du printemps. Elle est tombée Simone, au moment qu'aura choisi son destin, bien trop tôt.

En son hommage nous fermons la rubrique journal ce 24 mars 2007.




LE CLAIRON... 

... cLaiRoNNe

numéro 3 printemps 2008

Non, il n'y aura pas de textes dans ce numéro 3.
Mais un remerciement.
Remerciement aux auteurs qui se renouvellent et qui nous rejoignent.
 Hommage à leur positivisme, à leur bon esprit, à leur présence et à leur volonté de partager plutôt que de tirer la couverture à soi au détriment des autres.
Etre un auteur APAE donne un sens au travail qu'ils accomplissent avec passion et est un partage collectif.
Parmi les 30 titres publiés en 5 années de présence à leurs côtés, la mise à jour, ces derniers jours... des titres encore actifs a vu la suppression du référencement des livres épuisés, voir fatigués.

A suivre, le tome 3 Du ciel et des ténèbres de Julia M Tean, qui vous sera présenté au prochain Salon du Livre de COLMAR
Les nouvelles publications de BZ, André Kraemer, Marie Rose Atchama. Des textes inédits de nouveaux auteurs dont les manuscrits sont en cours d'édition et dont les livres verront le jour dans les mois qui viennent.

Enfin, la participation à la fête du livre au parc de Husseren Wesserlin apporte une nouvelle date à APAE pour accompagner le travail des écrivains.

L'équipe APAE souhaite à nos visiteurs bienveillants de faire un bon voyage sur notre site.


 

 
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