ET SI NOUS EN FAISIONS UN LIVRE ?! Ecrivains en herbe du dimanche ou des nuits blanches. Ne laissez pas vos manuscrits dans un tiroir. Analyse du manuscrit comité de lecture réponse rapide.
Par cette rubrique nous vous proposons une présentation originale des auteurs, accompagnée d'extraits de leurs textes.
photo X.E. Solon 2005
Goémon
LES DEUX GRANDS-MERES
C'était entre vieux bois et champs caillouteux, une enfance choyée dans la ferme familiale. Nous étions quatre frères et soeurs entourés de nos parents, grands-parents et arrière-grands-parents maternels sur cette terre pauvre, parfumée du Causse que je ne peux évoquer sans une immense émotion. C'est peut-être pourquoi je n'ai jamais beaucoup laissé parler sur papier toutes les images-racines qui me viennent de ce temps-là. A la fois lointain et présent, au centre de moi-même.
Lorsque nos parents se consacraient aux travaux de saison, nos grands-parents s'occupaient de nous et nous emmenaient avec eux partout où ils allaient à travers notre petite campagne rocailleuse, avec ses taillis, ses broussailles, ses murets de pierres sèches, ses genièvres, ses petits chênes moussus, ses noyeraies, ses beaux tilleuls que l'on trouvait presque devant chaque ferme, car outre l'utilisation de leurs fleurs, ils étaient destinés à protéger l'habitation de la foudre. Tous les chemins bordés de ronciers, de noisetiers, d'aubépines, de buissons à prunelles, de sous-bois à jonquilles ou à champignons, nous les suivions avec eux, emmenant le troupeau ou les accompagnant travailler dans les champs.
Ma grand-mère Adrienne aimait par-dessus tout ce travail de la terre tel qu'on le pratiquait alors, souvent seul, en tenant compte des phases de la lune pour semer, planter ou couper. Elle était paysanne dans l'âme, et pourvue du " brevet des collèges " qui lui aurait permis à cette époque d'être institutrice, elle avait choisi de continuer à exploiter aux côtés de son mari la modeste propriété de ses parents.
Aussi loin que je me rappelle, Adrienne, qui s'acquittait aussi du rôle de couturière de la famille, préférait s'occuper " du dehors " et avait en charge les petites bêtes - lapins, oies à gaver, poules couveuses et pondeuses élevées en liberté, ce qui signifiait qu'il fallait chercher dans les granges où elles avaient bien pu pondre à travers tous les amoncellements de paille et de foin - ainsi qu'un animal plus volumineux, le précieux cochon à engraisser, qui une fois l'an, à la période des premières violettes, se transformait en boudins, rillettes, petit salé, chair à saucisses et jambon séché.
Tout ça n'empêchait pas la Mémé d'aller sarcler dans les champs à légumes, la vigne étant dévolue au grand-père, et de s'occuper de toutes les lessives et lessiveuses à faire bouillir sur le feu,avant que nous n'ayons l'eau courante - vers les années 70, et la possibilité d'utiliser une machine à laver.
Petite, courbée, opiniâtre, criarde, elle n'arrêtait ses allées et venues qu'après le coucher du soleil. Je me rappelle que je la trouvais bien laide avec son dos déformé, sa taille épaisse, ses tabliers qui sentaient le fumier de la porcherie, sa figure maussade et ses mains si tordues, qui empoignaient impitoyablement la volaille choisie pour le repas, et aussi, à l'occasion, le petit chenapan qu'elle surprenait à jouer " aux oeufs " dans les nids, et qui avait mélangé joyeusement ce qu'elle mettait des semaines à repérer et à ordonner pour tirer le meilleur parti de son peuple de poules : les faux oeufs de plâtre qui servaient à abuser et à fixer les pondeuses aux mêmes endroits, les véritables oeufs frais, et les œufs" clacouls " c'est à dire pourris, que le petit avait laissé tomber et qui dégageaient une puanteur sans nom. Ce chéri-là avait alors droit à une correction redoutée, les fesses frottées aux orties, qui prospéraient partout autour de la ferme et qu'elle arrachait à mains nues, tant leur peau s'était tannée et épaissie.
Pour tout dire, lorsque j'étais petite fille et même adolescente, je trouvais mes aïeules, ainsi que toutes celles qui vivaient aux alentours, affreuses à faire peur. Elles étaient toutes pareillement voûtées, édentées, parcheminées, habillées de vêtements sombres et informes, chaussées de sabots ou de savates grossières.
Des femmes qui semblaient ne l'être plus. Quand on me demandait de les embrasser, j'étais paniquée à l'idée de ce contact. Je les trouvais repoussantes, effrayantes, avant de réaliser et de comprendre quelle avait été véritablement leur vie, dont tout leur corps usé, rompu et oublié portait les marques.
Adrienne allait de la machine à coudre ( àpédales ) aux étables, des étables au grenier où on gardait les sacs de blé et de noix, du grenier au jardin qu'elle affectionnait, du jardin au pré où on étendait le linge, échevelée sous son éternel foulard grisâtre qui cachait d'immenses tresses encore sombres aplaties en chignon bas, apostrophant tout le monde sur un ton de commandement dont nous nous moquions.
Et pourtant. C'était elle qui cuisait les confitures les après-midi d'été, avec les fruits rouges et les fruits jaunes qui éclataient dans la grande bassine, et dont le jus devenu translucide garnissait de rouge-rose, de rouge-violet, de jaune-orange ou d'orangé-rose d'innombrables pots embaumant toute la maison.
C'était elle qui préparait Noël en secret avec le grand-père. La veille du grand jour, dans la belle lumière du solstice, il nous emmenait cueillir du houx pendant qu'elle s'activait à reconstituer une crèche avec de la paille et du " papier rocher ", sortant des boîtes les étoiles fragiles, en papier argenté fatigué, qui une fois fixées retrouvaient toute leur magie. Et puis, elle allait " attraper " son plus beau canard- il fallait la voir courir chaussée de ses gros sabots sur les grandes pierres inégales de la cour ! - plumait, vidait, refermait, non sans avoir farci le volatile afin de nous régaler de ce mets longuement rôti près des braises, dans la plus large cocotte de fonte.
Dans ces circonstances de fête qui lui rendaient toujours un certain sourire que nous croyions disparu à jamais, elle se rachetait à nos yeux d'enfants des humeurs massacrantes que nous jugions avoir subies au long de l'année.
Car à Adrienne la bougonne, nous préférions souvent Marie, sa mère, notre arrière grand-mère. Douce, paisible. Encore plus ridée, encore plus bossue. Devenue sourde depuis des années, elle vivait parmi nous dans son monde silencieux, amie des fleurs, des chats et des chiens qu'elle nourrissait et à qui elle donnait les noms les plus saugrenus.
Elle avait gardé l'habitude des longues jupes et des chapeaux de sa jeunesse, et hiver comme été allait par les chemins recouverte de noir opaque jusqu'aux chevilles, de tabliers longs, de tricots et de châles verdis, ses maigres cheveux tirés sous des feutres noirs rocambolesques, fixés par de longues épingles à tête de jais.
Et il fallait faire face à tous les terribles ravins de sa figure de vieux forçat pour découvrir la douceur de ses yeux clairs et de son sourire à unique dent ! Nous imaginions que pour qui ne la connaissait pas, elle avait l'aspect de la sorcière de Blanche-Neige représentée dans nos livres de contes. Contes et légendes dont Marie elle-même se délectait et venait nous faire lecture lorsque nous étions malades, par les interminables après-midi hivernaux. Elle restait des heures à notre chevet, douce et patiente, feuilletant et lisant les histoires de fées, d'ogres, de princesses devenues pauvres, de pauvresses devenues reines et d'animaux enchantés, comme s'il s'agissait des dernières nouvelles de la province. Cela faisait partie de ses gâteries pour nous, les arrière-petits-enfants, et elle nous gâtait beaucoup.
Elle était si incroyablement sourde que nous ne résistions pas à lui faire des farces, mais elle en déchiffrait fréquemment le fin mot sur nos lèvres et forçait notre admiration. Nous lui servions de relais avec les autres proches qu'elle ne voulait pas accabler de ses questions. Elle nous questionnait donc, nous les enfants, sur ce qu'elle n'avait pas pu saisir de la vie au jour le jour dans la maison, des activités ou des projets de chacun, et nous nous amusions de son insatiable curiosité, de ses interprétations décalées des évènements, et de ses chapelets de recommandations. Elle nous parlait le plus souvent le patois occitan du pays de Brive, ou bien un français châtié appris à l'école communale.
Je la revois au fond de son fauteuil d'osier, les aiguilles cliquetantes, au milieu de ses pelotes, un chat sur le dos ou dans ses jupons ; ou bien assise à lire dans le " cantou " de la cheminée, les pieds quasiment dans le feu, jusqu'à ce qu'une de ses affreuses pantoufles commence à fumer et à roussir, et que l'un des enfants ne lui hurle à l'oreille :
" Mémé, ça brûle !! ". De fait, elle ne sentait rien et pouvait de même passer ses mains au travers de la flamme, comme de vieux morceaux de bois racornis. Des mains restées actives et subtiles à miracle : elle tricotait sans relâche pour toute la famille, y compris chaussettes, mitaines et bonnets. Et n'avait pas son pareil pour rouler les gaufres brûlantes sur la plaque gravée de fleurs de lys d'un antique gaufrier de fonte, que j'entends encore s'ouvrir et se refermer en grésillant au-dessus du feu.
Mais sa passion vraie, c'étaient les tapis. Vieux lainages défaits qu'elle teignait puis retendait en écheveaux autour de nos mains, chutes de tissus, pelotes inachevées, tout était bon pour la confection de ses tapis qu'elle ornait des heures et des jours durant. A l'image du jardin qu'elle aurait aimé avoir ou à celle des surprenants bouquets de fleurs et d'herbes sauvages qu'elle composait d'instinct, ce n'étaient que pétales éclatants, feuillages extravagants ou humbles fleurettes, corolles imaginaires et leurs frises de laine et d'étoffes, des assemblages audacieux et naïfs qui clamaient sa fantaisie, sa gaieté, son goût des couleurs. Nous aimions la regarder broder, choisir, improviser dans son chaud fouillis delaines vives et de découpures. " Et cette fois, qu'est-ce que tu vas faire ? "
A notre tour, nous la pressions de questions. Auxquelles elle ne répondait pas, toute à son jardin de laine. Chaque tapis était nouveau, unique, " inventé ", surprise saluée par nos cris, et nous nous les disputions pour nos chambres. Ils égayaient les vieux planchers et réchauffaient nos pieds les matins d'hiver, au saut du lit, à la période très peu romantique des bassinoires et des bouillottes de grès ou de faïence : elles perdaient souvent goutte à goutte leur eau entre les draps à cause de leurs fermoirsapproximatifs !
Certains des tapis ont survécu au temps, et nous les utilisons encore en nous souvenant de Marie, sans tristesse ; ce que nous avons reçu d'elle ne nous quittera pas.
Souvent je regarde la photo que j'ai près de ma table à écrire. Cette jeune femme fière, aux traits réguliers, au teint crémeux, portant la blouse à petits boutons et la coiffure 1900 haut perchée, c'était elle. Elle posait dans ses plus beaux atours auprès de son époux et d'Adrienne aux longs cheveux, leur unique fille, alors âgée d'une dizaine d'années, sourire esquissé et yeux de braise.
Pour Adrienne et Marie, qui avaient tellement travaillé pour notre bien-être et fait de notre enfance une si douce aventure, l'électricité et l'eau courante étaient une bénédiction, une promesse d'une autre existence pour les femmes. Elles avaient appris à moissonner et à faner à la main, à coudre à la chandelle, à cuisiner sur le feu, à économiser chaque litre d'eau chaque été, et elles n'auraient pas voulu " revenir en arrière ". Ce qu'on appelle parfois le bon vieux temps, celui des pas des chevaux, leur avait été dur. Pleines d'espoir pour nous, elles ont regardé vers l'avenir, avant de s'éteindre dans une maison où on continue à boire l'eau du puits, à allumer du feu, et à mitonner la soupe dans la grosse marmite aux pieds pointus.
(extrait du livre "Fête rouge" publié en mai 2004. 64 pages de poésie)
Publie son premier recueil de poésie en 2004 « Recto Verso », ou les pôles altenatifs d’un courant qui passe entre l’auteur et ses lecteurs.
Rêves
Quand les brumes se dissipent, Toi le voile d’une blancheur immaculée, Tu t’ouvres aux nouveaux mondes voguant sur de merveilleux flots. Les yeux entrouverts, Du haut de la poupe de ce somptueux bateau, Je perçois de divines plages dorées. Bras ouverts aux quatre vents, J’ai envie de crier : Liberté ! Ô liberté ! Car toi qui vogues de mers en mers, Par ton baiser de miel tu insuffles en moi, Ce désir inconscient de vivre, Qui me pousse vers de lointaines îles sacrées, Où je m’endors caressée par des milliers de grains dorés. Alors toi, très cher bateau au mât étoilé, Attends-moi sur le quai de mon doux sommeil, Car c’est dans tes bras d’acajou que mes sens s’éveillent.
Cauchemar
Pattes noires et velues, Yeux d’ambre et ténébreux, Toi, terreur de mes nuits, Tu tisses sadiquement ta toile au-dessus de mon lit. Lentement tu ponds des petits œufs dans mes cheveux emmêlés, Ricanant d’un plaisir morbide, A la vue de tes enfants si sordides. Ah le douloureux picotement de leurs pattes transparentes, Qui pénètrent dans les méandres de mon esprit qu’elles hantent,
Je les sens…
Elles glissent et tissent autour de mon être, L’immense toile brillante de bave, Qui me nargue en gloussant, Faisant couler le long des fils argentés, Le liquide acide qui brûle toute idée de bonheur, Et lentement je sombre inconsciemment, Dans les sombres abîmes de mon cauchemar, Entraînée par des milliers d’yeux noirs.
98 pages. Couverture illustrée par l’artiste calligraphe Rachida Dahaoui.
Julia M Tean, est une écrivain prolifique qui aime à traiter des sujets qui la pénètrent. Elle publie fin 2005 le premier tome de ses aventures extraordinaires dans le monde des elfes : « Du Ciel et des ténèbres » Tome I et son Tome II « L'éveil d'une reine », aujourd'hui épuisés.
Du ciel et des ténèbres. Extrait, chapitre I.
1
Naissance
Il fait nuit. La pluie bat aux volets d'une sombre et triste cabane. Là au plus profond de l'obscurité, surgit un cri de douleur suivi de pleurs.
Habillée d'une longue cape noire, une femme, le visage caché par un épais capuchon serre dans ses bras un nouveau-né.
À ses côtés, un homme, totalement dissimulé sous un large manteau noir s'avance. La soie traîne sur le sol, soulevant des volutes de fumée. Seule sa peau blanchâtre brille dans l'obscurité, et tendant une main griffue sur le bébé, il saisit le cordon ombilical et le tranche d'un geste vif.
Les deux êtres dont la noirceur se confond avec la nuit échangent un baiser victorieux tout en serrant l'enfant entre leurs bras gigantesques et osseux. Près d'eux, une jeune femme est étendue sur une paillasse. Ses jambes sont écartées et encore luisantes de sang, laissant entrevoir le passage du nourrisson vers un autre monde. Ses lèvres sont closes, son visage d'une pâleur saisissante est froid et dur comme la mort, et tout près, sur le côté, du sang s'écoule lentement telle une rivière le long de sa tempe.
Penchés au-dessus de l'enfant, ils se lèchent les lèvres de satisfaction en voyant ce petit corps tout neuf, si rond, si dodu et surtout si appétissant. C’est une fille, et ses petites bouclettes dorées scintillent comme de minuscules étoiles au plus profond de la nuit. Tout semble si normal, si calme et si doux. La respiration de l'enfant, les battements de son cœur, que les deux inconnus en auraient presque oublié leur mission s’il n'y avait pas sur son omoplate gauche ce petit symbole : un croissant de lune gauche.
Soudainement, une ombre se lève dans l'obscurité et s'enfuit par la porte arrière. La femme regarde son partenaire et le retient en l'attrapant par le bras : -La forêt s'en chargera, dit-elle d'un ton lugubre. Ils se serrent l'un contre l'autre une dernière fois et sortent de la minuscule demeure, l'enfant endormi entre leurs bras. Derrière eux, un homme, le visage couvert de larmes et de sang retourne dans la cabane, serrant une dernière fois le pauvre corps de celle qui l'aimait en murmurant : -Je reviendrai... je reviendrai. Au même instant, au plus profond des enfers, une musique entraînante et titanesque retentit, s'étendant au-delà des frontières et faisant vibrer les pauvres contrées de notre Terre. Un immense feu de joie brûle au cœur de l'Enfer et allongé sur le sol, un enfant pleure le visage recouvert de cendres et de poussière. À ses côtés se tient un homme. Son visage inexpressif et terne semble dépourvu de vie, et seule une lueur folle ondule dans ses grands yeux noirs, serpent visqueux reflet de son âme.Ses cheveux raides et corbeaux tombent sur ses larges épaules recouvertes d'une longue cape rouge pourpre. Son corps tout entier est dissimulé sous une longue robe noire et ses mains gantées tâtent un sceptre creusé de pierreries et de diamants.
Il se lève, faisant face à une foule spectaculaire peuplée de monstres aux visages laids et difformes. Ils dansent et chantent une chope de sang à la main. Leurs voix racleuses se mêlent aux pleurs de l'enfant en créant un horrible et insupportable canon. Tout autour d'eux s'étendent de profondes fosses rouges de flammes. Une odeur de soufre monte de leurs cœurs bouillonnants de lave, et le ciel percé de trous et dénudé d'étoiles n'abrite qu'un soleil pâle masqué par des nuages de fumée. Tout est désert au loin, le sol est couvert d'os et de carcasses, tout est mort, tout est sec, c'est le chaos.
L'homme se penche sur l'enfant et l’enduit de sable et de boue. À cet instant précis, plus rien ne bouge, plus rien ne luit, les volcans acharnés se taisent, les petits monstres écarquillent leurs yeux, ouvrent leurs oreilles et regardent ébahis le "spectacle".
L'homme lève doucement l'enfant au-dessus de sa tête et dit d'une voix glaciale : -Que chacun voie en cet enfant le futur. Né des Bouches de l'Enfer son pouvoir ne sera entier que le jour de son dix-septième anniversaire, quand elle et sa moitié ne deviendront plus qu'une. Là je boirai son sang et redeviendrai enfin humain ! Alors je retournerai sur Terre et nous serons à jamais les maîtres du monde !
À cet instant un éclair illumine l’enfant, le ciel devient plus clair et rapidement un symbole se dessine dans l'infini : un croissant de lune droit.
« Du ciel et des ténèbres » 273 pages. Illustrations et couverture de l’artiste Fabrice Erard. « Du ciel et des ténèbres Tome II L'éveil d'une reine » 250 pages. Illustrations et couverture de l’artiste Fabrice Erard.
Le principal trait de mon caractère ? JMT : Généreuse. La qualité que je préfère chez les hommes ? JMT : Qu’ils soient à l’écoute des femmes. Et chez les femmes ? JMT : L’humour. Mon principal défaut ? JMT : Etre angoissée. Ma principale qualité ? JMT : L’optimisme. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? JMT : Leur gentillesse. Mon occupation préférée ? JMT : Ecrire. Mon rêve de bonheur ? JMT : Il n’y a rien à changer. Quel serait mon plus grand malheur ? JMT : Que tout change.
A part moi-même qui voudrai-je être ? JMT : Peter Pan.
Où aimerai-je vivre ? JMT : En écosse. La couleur que je préfère ? JMT : Le bleu. La fleur que j’aime ? JMT : Les tulipes. L’oiseau que je préfère ? JMT : La chouette. Mes auteurs favoris ? JMT : Stephen King, Maupassant, Loisel. Mes poètes préférés ? JMT : Baudelaire, Rimbaud. Mes héros dans la fiction ? JMT : Sirius Black, Indiana Jones.
Et mes héroïnes favorites ? JMT : Wendy, Amélie Poulain.
Mes compositeurs préférés ? JMT : John Williams, Yann Tiersen. Mes peintres préférés ? JMT : Monet, Van Gogh. Mes héros dans la vie réelle ? JMT : Le dalaï lama. Mes héros dans l’histoire ? JMT : Jeanne d’Arc.
Ma nourriture et boisson préférée ?
JMT : Le baeckeofe, le Coca vanille, mais je ne mélange pas les deux. Ce que je déteste par-dessus tout ? JMT : Les orgueilleux.
Le personnage historique que je n’aime pas ? JMT: Hitler.Les faits historiques que je méprise le plus ? JMT : Les génocides en général. Le fait militaire que j’estime le plus ? JMT : Les armistices.
La réforme que j’estime le plus?
JMT : Le droit de vote pour les femmes.
Le don de la nature que je voudrais avoir ? JMT : Pouvoir voler.
Comment j’aimerai mourir ? JMT : Naturellement et vieille.
L’état présent de mon esprit ? JMT : Sereine. La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ? JMT : Je suis tellement indulgente ! Ma devise ? JMT : Carpe diem.
MALCOLM J.
Livrés par des lecteurs de Malcolm J. leurs impressions au ton juste, comme la chair de sa chair, entre les lignes, l'encre qui coule dans ses vaines distille des textes forts à plusieurs vitesses et polysens. Un décallage pour un vole à voile, une brise qui annonce la naissance d'un auteur que nous vous invitons à découvrir. Son premier livre publié fin 2005 : Le repaire de lézard - 84 pages.
" De la profondeur en finesse " Benjamin
" C’est vrai, profond, et parfois même marrant ! " Julie
" A chaque lecture, une nouvelle subtilité pointe le nez. Pertinence et poésie se mêlent. Petite parenthèse qui, à la fois les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. " Fanny
Extrait
Quand la chambre commente…
Le parfum de ces jours est étrange. Les ondes de la personne aimée résonnent (Voilà qu’il entend des voix !) dans la moindre parcelle de cet espace. On croit à son arrivée (Là) à (Maintenant) chaque (Enfin) instant (Cette fois, c’est bon) puisque ce lieu témoigne avec intensité de sa présence, pourtant elle ne viendra pas (Hélas !). La réponse de la raison est formelle. Gardien d’une résidence fantôme, malade d’une attente à demi fondée (…), homme pressé (vite, vite, vite) de remplir les blancs () d’un é lo ign emen t . Le verbe est clair, stable, sans besoin de retouche. L’expression cible (X) les sentiments qui animent mon être avec justesse. Dans cette chambre aux mille secrets (Hooo !), je hume et me laisse emporter par la senteur de cette personne tant aimée (Ah ! C’était ça cette odeur !), comme par un retour de flamme (Un petit hot-dog ?). Je recherche avec minutie les ossements de vie de cet être espéré. Je découvre (Ici, là, en bas, au-dessus) avec ravissement, appréhension, joie, tristesse… tout le terrain de l’individu qui attire mon entière affection. Scrupuleusement, je dissèque le (Gore ?) corps de cette chambre (Aaah !), repérant les moindres indices de ce que j’apprécie ; déplaçant et remettant en ordre ce qui est presque sacré à mes yeux. Ici, je scrute tous les témoins de notre relation, et laisse l’aumône de mes larmes devant l’imperceptible mouvement. Le but de cette plage manuscrite est de décrire avec véracité (C’est c’qu’on dit) et exactitude (Blabla) les faits de mon ressenti (Ok, ok, excuse-moi). Dans toute l’étendue sur laquelle il m’est donné de veiller (Fais ça bien sinon…), il n’y a que dans le confinement de quelques mètres carrés (Vas-y, arrête de tourner en rond) qu’il m’est possible de me sentir à l’aise (T’étends pas trop hein !). Ces murs qui voient les yeux de mon Etoile (Ah ! Là, brillant, j’avoue) s’ouvrir et se fermer pourront à présent retenir le reflet des miens (Bouge de là !). Dans cet habitat seul, je ne me sens pas étranger. J’apprécie de résider dans un aspect différent de son intimité (Houlala !). Je me délecte de ses goûts, me rappelle l’Etincelle de ma vie et concrétise l’espoir, dans mon esprit, qu’elle illumine avec proximité (Doucement, doucement). Ainsi des connaissances aux amis, tous ressentent l’impact de notre amour. Cette tour où je me réfugie (Sors de là !) pour l’attendre, diffuse ses secrets en aparté (Le dis pas à tout le monde). Je suis touché par une extase (Calme-toi) intemporelle. Tout se règle, se range, se forme, se structure pour annoncer le rapprochement de nos êtres dans une union véritable (Tout d’suite les grands mots). Plus de dilapidation d’énergie, de sentiments, d’émotions pour des étrangères (Pas trop tôt), mais un trésor gardé pour celle approuvée par mon âme entière. Ainsi comme l’oiseau portant de ses ailes la détermination de sa migration, j’attends avec zèle le retour de mon Amour (Ouais, c’est ça ! Repasse quand tu veux mais téléphone avant).
EPUISE
Malcolm J. (photo apae)
LE QUESTIONNAIRE DE PROUST DE MALCOLM J.
Ma vertu préférée ? M J. : L’honnêteté.
Le principal trait de mon caractère ? M J. : Drôle et réfléchi.
La qualité que je préfère chez les hommes ? M J. : La sagesse.
Et chez les femmes ? M J. : La douceur.
Mon principal défaut ? M J. : Gourmand.
Ma principale qualité ? M J. : Sincère
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? M J. : La fidélité et la générosité.
Mon occupation préférée ? M J. : La lecture.
Mon rêve de bonheur ? M J. : Le bonheur pour tous.
Quel serait mon plus grand malheur ? M J. : Perdre ma femme.
A part moi-même qui voudrais-je être ? M J. : L’homme invisible.
Où aimerais-je vivre ? M J. : L’été au Canada, l’hiver aux Maldives.
La couleur que je préfère ? M J. : Orange
La fleur que j’aime ? M J. : La fleur de l'âge.
L’oiseau que je préfère ? M J. : L’aigle.
Mes auteurs favoris ? M J. : Philip K. Dick, Manu Larcenet.
Mes poètes préférés ? M J. : Baudelaire, Apollinaire.
Mes héros dans la fiction ? M J. : Luck Skywalker, Lapinot Et mes héroïnes favorites ? M J. : Arwen, Moby Dick.
Mes compositeurs préférés ? M J. : Brassens, William Scheller.
Mes peintres préférés ? M J. : Gauguin, Wermer.
Mes héros dans la vie réelle ? M J. : Pasteur, Gandhi.
Mes héros dans l’histoire ? M J. : Léonard de Vinci, Marco Polo.
Ma nourriture et boisson préférée ?
M J. : Couscous et whisky Dallwhinie. Ce que je déteste par-dessus tout ? M J. : L’orgueil.
Le personnage historique que je n’aime pas ? M J. : Hitler.
Les faits historiques que je méprise le plus ? M J. : L’incendie de Rome par Néron, La shoa.
Le fait militaire que j’estime le plus ? M J. : La chute de Jéricho.
La réforme que j’estime le plus?
M J. : La séparation de l’état et l’église en 1905.
Le don de la nature que je voudrais avoir ? M J. : La verve.
Comment j’aimerai mourir ? M J. : Paisiblement, sans douleur.
L’état présent de mon esprit ? M J. : Perplexe.
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ? M J. : La faute par ignorance.
Ma devise ? M J. : Tant que l’on peut bouger allons de l’avant.
WERNER FREUND
Traduit par Patrick GABELLA
Extrait
L’AMOUR COMME GUIDE DE LA VIE CHEZ LES LOUPS
Certains prétendent, que les animaux n'ont pas de sensations, d'autres au contraire, pensent qu’ils peuvent avoir une âme. La querelle d'opinion, distribuée entre les scientifiques comme les laïcs, a en fin de compte des conséquences complètement pratiques. Car à partir d'un « oui » ou d'un « non » de l'un d'eux, dépend notre rapport à l’animal.
J'appartiens à ceux qui répondent par l'affirmative que les mammifères éprouvent des sensations. Mais il semble que seul peut le savoir, celui qui a vécu cela en lui-même et qui pendant des années se trouve en osmose avec les animaux. Qui est dans son mental comme pratiquement en sa demeure. Ensuite seulement se forme pour la vie l'amitié vraie. Dans mon cas, une étroite relation avec les animaux sauvages, que j'aspire à moi. C'est pour cette raison que je suis reconnaissant à la nature des sensations qu’elle provoque en moi. Elle m'a donné l'occasion de pouvoir vivre avec elle.
Avec les animaux au début, j’adopte le rôle de leur mère. Plus tard, je deviens leur copain. Pourtant pendant leur croissance, il me faut rester "dominant". Tout comme entre eux, les animaux n’acceptent que les réactions des créatures les plus fortes. Ils agissent de même envers l'homme, qu'il soit avec un seul animal ou qu'ils vivent ensemble dans un groupe d'animaux.
Plusieurs félins, des ours aussi et une hyène, ont été mes partenaires jadis. Les loups le sont aujourd'hui. Face à chaque espèce j'avais un rôle à jouer. Comparable à un comédien, je me dois d'entrer dans la pensée de chaque créature, pour reconnaître leurs sensations et m'apparenter à elles. Toutefois à la différence d'un comédien, il me faut parvenir à une authentique identification, sinon je suis regardé de travers par les animaux et pas accepté. Je dois devenir l'un d'eux.
Pour moi, cela ne pose aucun problème. La nature m'a légué cette faculté, qui se rapproche de celle que ma mère m'a inculquée. J’ai pris le parti des animaux, mais je reste un être humain, car, je protège et aide les plus faibles d’entre eux. Ce qui chez les loups est inconcevable. Je suis donc un frontalier, entre deux mondes, mutuellement semblables et toutefois, parfois, complètement différents.
PATRICK GABELLA, a rencontré Werner Freund presque sur un coup de tête : "Il fallait que je fasse sa connaissance, que je le rencontre, que je puisse échanger avec lui sur notre passion commune" Et le loup Alfa de Merzig ne s'y est pas trompé. Aujourd'hui Werner Freund et Patrick Gabella sont amis pour la vie. C'est l'une des raisons qui ont poussé le traducteur Mulhousien à ce long travail de transcription. Pour être fidèle aussi au message de Konrad Lorenz (1903-1989) Scientifique Autrichien Prix Nobel de Physiologie en 1973, qui avait incité Werner Freund à écrire pour qu'il transmette ses connaissances. C'est avec grand plaisir que nous avons collaboré à la publication de ce monument qui allie avec bohneur les deux raisons d'être d'APAE : l'Edition et la Biographie.
Loup parmi les loups.Réalisé en collaboration avec Jacques Madesclaire Biographe - 160 pages illustrées de nombreuses photos en couleur.
Un rêve, voilà le point de départ de cette histoire. Un rêve d’enfant. Lequel ? Fabriquer une cabane perchée dans les arbres. Une grande cabane. L’enfant ? Il se nomme Adrien. Cheveux châtains clairs, yeux marrons, toujours une casquette sur la tête, un sac à dos sur le dos et de grosses chaussures de travail aux pieds. Son bras droit ? Romain : le petit frère « veut tout faire comme le grand. » Celui qui suit, qui aide.
Leur mascotte ? Pop Corn, le pélican. Il est arrivé un jour par hasard dans la grange d’en face de la maison. Ils l’ont appelé Pop Corn parce qu’il était blanc avec un gros bec jaune, les couleurs du pop-corn, quoi !
Ce rêve de cabane est venu un jour de grandes vacances. Elle devait être grande, habitable avec le confort bien sûr, mais aussi avec un poste d’observation… Pop Corn s’occupait de faire le signal (un code secret avec Adrien et Romain) lorsque quelqu’un venait.
Des enfants sont venus donner un coup de main. Des adultes aussi. Ce n’était pas une mince affaire que de faire tenir une plate-forme avec une trappe et d’y fixer l’échelle entre trois troncs d’arbres. Tonton Hervé, le tonton bricoleur de la famille a été une aide précieuse. Papa, quant à lui, a même monté des planches de bois (parce que c’était dans la colline qu’Adrien construisait son rêve) avec le 4 X 4. Ce jour-là, le 4 X 4 s’est embourbé dans la boue et a failli se retourner dans le ruisseau d’à côté. C’est grâce au fermier qui habite tout près que la situation s’est redressée. Il est venu sur son tracteur et a tiré le 4 X 4 après l’avoir solidement attaché à une chaîne.
Une fois le bois (des palettes, des branches, des bouts plats ou ronds) près de la cabane, il a fallu rapprocher l’arrière du 4 X 4 autant que possible. Puis Papa, Adrien et le copain ont enfin déchargé ce matériel qui constituerait les murs, le toit, de cette cabane tant planifiée.
Des plans, il y en a eu des grands, des petits, avec des ratures, des rajouts. Maman a conseillé à son aîné de mettre la date sur chaque trace écrite. Comme ça une fois grand ou comme on dit adulte, il pourra se remémorer les pensées de son enfance.
Il y a eu les clous, les outils à transporter, les cordes, les lanières. Toutes ces choses que l’on voit à peine après et qui pourtant sont nécessaires. Adrien a été très courageux et déterminé. Cette cabane, il l’aura immense et solide. Belle. Elle sera à lui et à Romain et ils s’y sentiront bien. Ce poste d’observation leur procurera bien être, créativité, tranquillité.
Y jouer sera le lot de tous les jours.
Martine SALVATORE présente au Salon du Livre de Troyes pour présenter " Rêve d'enfant " 20 pages d'une prose au poétisme romantique qui s'articule autour d'une cabane. Fable moderne ou comment enseigner aux enfants, tout en douceur, à vivre leurs rêves.
Pierre Caillou Gravillon était comme Martine Salvatore présent au Salon du Livre de Troyes pour présenter " Les aventures du Lapin Coquin " Tome 1 : L'arrivée ou les coquinations. 22 pages, illustrés des dessins de Vincent C. 9 ans.
Une histoire initiatique où la morale, la tolérance, le courage et la résistance, tout en métaphore, sont des piliers. Dès 3 ans.
Extrait :
Ainsi commence l’histoire du Lapin Coquin qui s’ennuyait dans un magasin de jouets.
Bien sûr il a plein de copains autour de lui, mais pas de famille et il est triste, parce que rien ne remplace une famille sur qui l’on peut toujours compter en cas de problème. Un jour, un papa qui flânait entre les gondoles du magasin de jouets, s’arrête devant un tas de peluches bien rangées.
Son regard trouve le Lapin Coquin très joli. Ses mains le trouvent très doux. Il a aussi l’air intelligent. Aussitôt, il le prend sous le bras, pour en faire la surprise à son fils Louis. Dès son retour à la maison, le papa pose le paquet, enveloppé dans un beau papier-cadeau, sur le lit de Louis, qui est encore à l’école. Mais quand il arrive, il voit tout de suite, en entrant dans sa chambre et qui trône sur son lit, le paquet qu’il ouvre avec impatience. Lorsqu’il découvre le Lapin Coquin, il laisse éclater son rire tonitruant d’enfant heureux et dit qu’il est : S U P E R !
Il remercie ses parents et va immédiatement jouer avec son SUPER Lapin. Après le bain, Louis passe à table pour dîner, d’une bonne assiette de soupe de légumes, de poissons à la « croustille » et d’un yaourt. Il tient son Lapin Coquin tout serré contre lui. Après le dîner, Louis se brosse les dents et va se coucher. Sa maman lui raconte une histoire, demain ce sera le tour de papa. Vient ensuite la cérémonie des bisous et des câlins, de l’eau qui manque sur la table de chevet et du paquet de mouchoirs, qui vide doit être jeté à la poubelle … et la lumière s’éteint.
Louis ne s’endort pas immédiatement. Il parle quelques instants à son Lapin Coquin, lui raconte comment sont sa chambre, ses jouets, son école, sa maîtresse, ses copains, son frère et sa sœur, ses parents. Le Lapin Coquin pense qu’il aurait pu tomber plus mal. Louis est déjà son copain. Il a cependant envie de faire connaissance avec son nouvel environnement. Il attend donc que Louis soit endormi et se lève pour aller vadrouiller dans l’appartement. Avant de sauter du lit il replace la tétine de Louis dans sa bouche car elle avait glissé. Le Lapin Coquin pousse la porte entrebâillée de la chambre, parcourt le long couloir qui le sépare de celle d’Emma, petite sœur de Louis, y entre et la regarde dormir quelques secondes.Il se dirige ensuite vers la chambre des parents, où il n’ose cependant s’aventurer. Un halo bleuté irradie la pièce. Effarouché, il cesse là son exploration sans chercher à percer le secret de cette mystérieuse lumière. Au matin, la maman de Louis vient doucement le réveiller d’un baiser. Il est temps de se lever pour prendre le petit-déjeuner et se préparer pour aller à l’école. Le Lapin Coquin imagine sa journée. Louis le laissera sur son lit et il pourra aller à sa guise, poursuivre sa quête de renseignements et risquer une seconde tentative d’exploration dans les parages de la « chambre bleue ». Peut-être pourrait-il même lire ? Après le petit-déjeuner Louis s’habille pour l’école et demande à sa maman s’il peut emporter avec lui son copain le Lapin Coquin. Et elle n’a pas le cœur de refuser.Louis le prend par la main et lui dit : « Tu viens avec moi ! » puis le fourre dans son sac. Le Lapin Coquin est surpris par ce programme imprévu et se sent un peu à l’étroit dans le petit sac bleu. Mais cet emprisonnement ne devait durer que peu de temps.
Mystique, il s’intéresse à l’ésotérisme, la religion, la spiritualité. Rebelle, il part à l’aventure en Amérique Latine où incarcéré il s’initie à la méditation transcendantale.
Il suit la méthode indienne d’OSHO RAJNEESH, la méditation dynamique, peu adaptée à la vie occidentale et innove une technique plus contemporaine : La Méditation Alternative.
Nous vous présentons deux textes extraits tiré de son premier livre paru en octobre 2006 : Méditation !?
LA DISCIPLINE
Assieds-toi confortablement dans un endroit calme de préférence. Regarde l’extérieur : ton corps ou les bruits qui t’entourent.
En même temps regarde l’intérieur :le rythme de ta respiration (rentrer et sortir l’abdomen).
Combineces deuxregards, extérieur/intérieur, intérieur/extérieur afin de les confondre.
Ne t’implique pas dans ta respiration. Regarde-la !Elle fait partie du système nerveux neurovégétatif et fonctionne indépendamment de ta volonté.
La méditation est un acte spirituel, un regard pluridirectionnel qui ne demande aucun effort contrairement à la concentration qui est mentale et soutenue.
Au début ta méditation sera structurée ; définie par cette méthode, puis ta méthode pour dériver peu à peu vers une méditation non structurée qui te fera découvrir le vide !
Qu’importe l’endroit ou le moment, tu peux méditer trois ou trente minutes ! Assis, débout, couché au lit ; les yeux fermés, en écoutant de la musique ; les yeux ouverts en regardant la TV ; en marchant, en balayant ; le matin, le midi, le soir, dedans ou dehors.
La méditation est une discipline dépourvue de règles, elle n’engendre aucune contrainte, sinon une vraie «disposition ».
N’oublie pas ! Méditer signifie regarder. Le seul obstacle à ta discipline c’est toi !Un jour tu feras, le «saut » hors de ton mental et tu deviendras LIBRE ! ! !
LA MEDITATION
La méditation est un acte pour arriver A un nouvel état. Elle permet de transcender ton mental Afin de remplir ta conscience. Regarde ta respiration comme si elle N’était pas tienne. Regarde le rythme de son souffle ; Ne fais aucun effort. Abandonne-toi à elle, elle ne t’appartient pas ! Même si ton mental te parle, laisse-le causer ; Il n’est qu’un scénariste. Regarde-la et laisse entrer le silence du divin. Il prendra place pour établir un état Qui te permettra de vivre dans une quiétude infinie ! ?
BZ est l'un des fondateurs et membre de l'Association UNIvers 3 Av. Charles Tillon 29000 QUIMPER.
La qualité que je préfère chez les hommes ? BZ :LA CONFIANCE
Et chez les femmes ? BZ :LA SENSUALITE
Mon principal défaut ? BZ : L’IMPULSION Ma principale qualité ? BZ :L’EMPATHIE
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? BZ :LA SINCERITE
Mon occupation préférée ? BZ :LA MEDITATION
Mon rêve de bonheur ? BZ :LA CONSCIENCE UNIVERSELLE
Quel serait mon plus grand malheur ? BZ :L’INTELECTUALISME DEBORDANT
A part moi-même qui voudrais-je être ? BZ :UN CAMELEON
Où aimerais-je vivre ? BZ :A côté de l’ILLIMANI
La couleur que je préfère ? BZ:LE GRIS
La fleur que j’aime ? BZ :LA ROSE
L’oiseau que je préfère ? BZ :LE PINGOUIN
Mes auteurs favoris ? BZ :JULES VERNE
Mes poètes préférés ? BZ : ???
Mes héros dans la fiction ? BZ :ZORRO
Et mes héroïnes favorites ? BZ :CAT WOMAN Mes compositeurs préférés ? BZ :COMPAY SEGUNDO
Mes peintres préférés ? BZ :ROUSSEAU (le douanier)
Mes héros dans la vie réelle ? BZ :Sœur EMMANUELLE, Y.NOAH, N.HULOT Mes héros dans l’histoire ? BZ :JESUS
Ma nourriture et boisson préférée ?
BZ :L’EAU ET LE SANDWICH
Ce que je déteste par-dessus tout ? BZ :LA SEGREGATION
Le personnage historique que je n’aime pas ? BZ : HITLER Les faits historiques que je méprise le plus ? BZ :LES CAMPS DE CONCENTRATION
Le fait militaire que j’estime le plus ? BZ :LA REVOLUTION DEL « Ché »
La réforme que j’estime le plus?
BZ :L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE
Le don de la nature que je voudrais avoir ? BZ :ETRE TRANSPARENT
Comment j’aimerais mourir ? BZ :JOYEUX
L’état présent de mon esprit ? BZ :ESPIEGLE
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ? BZ :LE MENSONGE Ma devise ?
BZ :NI TROP PRES POUR SE BRULER NI TROP LOIN POUR SE CONGELER
ANDRE KRAEMER
Le Droit au Bonheur
Tu n’avais pas demandé grand-chose à la vie, juste d’être heureuse être comprise, mais par le mutisme, la désinvolture, l’ignorance, tes désirs, ont été bafoués, foulés au pied.
La joie, le bonheur ne seraient que l’apanage de certains ? Si oui qu’ils m’écrasent, si non laissez moi vivre.
Dans la déchéance, qui du fond de l’abîme te noie, prends cette main tendue, croise ce regard et écoute d’une oreille attentive, toi l’exclue d’une société incompréhensive.
Ces gestes simples sont les meilleurs remèdes, toi aussi as le droit de vivre, de t’exprimer, de rire, ce n’est pas notre faute d’être arrivés à ce stade, cen’est pas faute de n’avoir pas essayé, mais les bouées que vous nous aviez jetées étaient vides.
Dans toute cette cohue, une seule, je dis bien une seule était salutaire, tu l’as saisie, tu ressuscites, ouvre tes yeux, tes oreilles, la vie te sourit, tu vas vivre, plus rien ne te déviera de la nouvelle route du bonheur.
Un naufragé sauvé, à une âme meurtrie qui prend le même chemin de la Vie Nouvelle.
Le questionnaire de Proust d'André Kraemer
Ma vertu préférée ? A K : franchise
Le principal trait de mon caractère ? A K : tolérance
La qualité que je préfère chez les hommes ? A K : honnêteté
Et chez les femmes ? A K : tendresse
Mon principal défaut ? A K : naïveté Ma principale qualité ? A K : serviabilité
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? A K : disponibilité
Mon occupation préférée ? A K : écriture
Mon rêve de bonheur ? A K : gagner au loto
Quel serait mon plus grand malheur ? A K : ne plus pouvoir écrire
A part moi-même qui voudrais-je être ? A K : Général De Gaulle
Où aimerais-je vivre ? A K : là où je vie
La couleur que je préfère ? A K : rouge
La fleur que j’aime ? A K : rose
L’oiseau que je préfère ? A K : hirondelle
Mes auteurs favoris ? A K : Alexandre Dumas et Victor Hugo
Mes poètes préférés ? A K : Verlaine
Mes héros dans la fiction ? A K : Peter Pan
Et mes héroïnes favorites ? A K : Jeanne d’Arc
Mes compositeurs préférés ? A K : Ravel
Mes peintres préférés ? A K :Van Gaugh et Picasso Mes héros dans la vie réelle ? A K : Zidane
Mes héros dans l’histoire ? A K : Chevalier Bayar
Ma nourriture et boisson préférée ? A K : l’eau et les féculents
Ce que je déteste par-dessus tout ? A K : trahison
Le personnage historique que je n’aime pas ? R: Hitler Les faits historiques que je méprise le plus ? A K : les exactions de la 2ème guerre mondiale
Le fait militaire que j’estime le plus ? A K : débarquement du 6 juin
La réforme que j’estime le plus? A K : l’Europe
Le don de la nature que je voudrais avoir ? A K : faire le bienpour tous
Comment j’aimerais mourir ? A K : sans m’en rendre compte
L’état présent de mon esprit ? A K : heureux
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ? A K : un oubli
Ma devise ? A K : vivre au jour le jour
André Kraemer - Photo apae 2007
Valéria AVANTI
Coeur Déchiré [extrait]
Jeudi 23 septembre
Tout commença un 16 juin 1965. Je pesais quatre kilos trois cents. Ma mère étant très faible, les médecins lui annoncèrent qu’il y avait un autre bébé ; elle se sentit prise au dépourvu, heureuse à la fois et apeurée de savoirqu’elle ne pourrait faire face aux dépenses, aux contraintes que cela demandait à des jumeaux ; seulement ouvrière dans le textile, seule pour subvenir aux soins et besoins de ses deux enfants.
En instance de divorce, elle se sentit désemparée et accoucha à la pouponnière de Darney dans les Vosges avant de devoir malheureusement se détacher de nous, nous laissant en tant que pupilles de l’état. C’est ainsi que commença le parcours du combattant.
Je fus prise en charge avec mon frère Patrick par la pouponnière, le temps de trouver une famille d’accueil. Logiquement nous devions être placés plus tôt, mais des maladies infantiles y contraignaient et ce n’est qu’à neuf mois que nous sommes arrivés dans une famille inconnue, qui était peut-être stricte sur l’éducation, mais qui nous a permis d’avoir un foyer ou l’on pouvait être aimés comme leurs propres enfants.
Cette famille était déjà composée de sept enfants, maman qui pour moi était et restera maman. Et papa. Cette famille qui m’a apporté tout l’amour d’une famille unie, et d’un bon équilibre.
Nous étions des enfants exemplaires. A l’âge où je pouvais tenir assiseje restais des heures dans ma chaise haute, jouant tranquillement, ou grignotant des gâteaux. Je me portais bien, plutôt ronde de nature, alors que Patrick était plus menu.
Les personnes qui venaient en visite à la maison enviaient maman d’avoir des jumeaux aussi adorables ; personne ne nous appelait par nos prénoms mais : « Les jumeaux », pourtant pas très ressemblants.
Ma vraie mère ne s’est manifestée que plus tard. Elle nous rendait visite le samedi après midi de 14 heures à 17 heures 30 ; sans moyen de locomotion, elle se déplaçait en bus, heureuse a la fois de nous voir, mais avec la tristesse au retour. Quelquefois, elle s’arrangeait pour venir le matin et rester avec nous la journée.
Nous n’étions mon frère et moi pas très heureux de l’accueillir, car nous ne comprenions pas tout sur cette femme, qui nous rendait visite de temps en temps.
Nos plaisirs pour mon frère et moi étaient de pouvoir errer dans cette campagne au petit village tranquille où nous grandissions, avec ces chants d’oiseaux devant la fenêtre de notre chambre, laissant passer les rayons de soleil. On ouvrait ces volets, la fenêtre, pour contempler les quelques nuages qui passaient, trouvant en ces cumulus des motifs. Nous passions des heures à rester dans notre chambre, à apprécier ces chants de pinsons, ces bêlements des moutons qui se trouvaient dans le pré derrière la maison, les grillons nous emportaient dans les rêves.
Couchés à contre sens de nos lits, nous observions la beauté de cette nature, laissant entrer les coccinelles, les papillons ; en fermant les yeux, nous devions deviner l’origine des différents bruits qui surgissaient. Nos jeux étaient simples, mais très majestueux. A chaque fête des mères, nous partions parcourir ces grands champs de marguerites. Il y en avait tellement que l’on ne savait où commencer. Nous prenions les plus belles pour maman qui les méritait bien. Pour la fête des pères, maman nous donnait un billet à chacun pour acheter du tabac et des feuilles à rouler pour les cigarettes de papa qui préférait cela à toutes autres choses.
Les vacances d’été étaient longues et à l’age de huit ans, nous n’étions pas en âge de partir en colonie, les révisionsscolaires se faisaient le matin, j’en avais horreur, et je bloquais facilement devant les problèmes de maths que maman ou Francine sa fille, nous préparaient la veille, sur un cahier. Avec Patrick nous passions des pactes : il m’aidait pour les maths, et moi en français pour finir au plus vite. L’après midi nous pouvions prendre le plaisir de nous amuser.
Une vieille 2 chevaux se trouvait sur le côté de la maison, on passait des moments inoubliables, arrangeant à notre manière l’intérieur. Il y avait aussi la récolte des pommes de terre, de différents légumes, qui étaient très beaux et que maman entretenait tous les jours. On n’y voyait aucun brin d’herbe. Les fleurs tout le long des bordures, les cassis, les groseillescachaient le bord de route.
Nous partions à la saison des mûres, le matin, avec chacun deux seaux à chaque bras pour la cueillette deces baies sauvages,des framboises et des fraises aussi.
Maman nous préparait notre pique-nique, on adorait. Maman pouvait nous faire confiance, jamais nous ne faisions de bêtises, elle connaissait les endroits où nous étions ; quelquefoiselle venait nousretrouver avec Francine, pour ramener les seaux qui faisaient leur poids, une fois tous remplis, pour que maman puisse faire de la confiture maison, ou les donner à l’entourage qui nous remettait un billet en échange de nos services. Nous pouvions acheter des friandises ou un cadeau pour maman.
Il y avait un grand pré qui donnait chez le voisin avec qui nos parents adoptifs étaient en bons termes et une petite fille de notre âge, nommée Patricia, qui avait été placée chez eux tout comme nous, venait y faire de la balançoire.
Un quatorze juillet je me cassai le bras, descendant une forte pente dans une charrette, Patrick lâcht la poignée et je me retrouvai en dessous de celle-ci, le bras tordu sans pouvoir bouger. Je gardai le secret : ne pas dévoiler qu’il était responsable de cet accident. Je ne l’avouai à maman que trois ans après. Elle devait savoir et je savais que Patrick ne serait pas puni après toutes ces années.
Je jouais de ce secret en attendant lorsqu’il m’embêtait. C’était son point fort et il savait que sur les deux jumeaux, c’était toujours le premier quiprenait la punition. Mais lorsque je n’arrivais pas à faire mes exercices, il m’était simple de profiter de la situation. S’il ne m’aidait pas je dévoilerais la vérité, même si bien sur je ne l’aurais pas fait.
Ce qui est le plus beau dans ces souvenirs, ce sont les moments passés seule avec maman, quand Patrick partait à la pêche avec papa, que les enfants de maman étaient au travail. Moi j’étais la princesse parmi tout le monde, je n’avais maman que pour moi. Nous préparions le repas ensemble, je l’aidais à faire les taches ménagères le matin, pour me blottir dans ses bras.
RENCONTRE AVEC UN CORSAIRE : Olivier PEREZ pour son livre
Corsaire : Des Erreurs des Terres au Terreurs des Mers
Extrait du premier chapitre
Il sauta de la passerelle de coupée et humaprofondément l’air du large, une brise douce, saline. Comme à chaque fois, l’homme au teint frais et au début de barbe eut l’impression de marcher sur une autre matière que la pierre de pavage, pourtant dure mais sur laquelle il n’avait pas l’habitude de se déplacer. Les planches de bois des navires et autres embarcations lui étaient bien plus familières. Mais l’affreuse sensation s’estompa bien vite et le marin retrouva son bon équilibre sur la terre ferme, ignorant les commères de marché et autres badauds levés de bonne heure. Bousculant un docker encore à moitié endormi, il se dirigea vers un marchand qui vendait de nombreuses marchandises dans le port, dont des provisions.
-‘lors Ben, toujours en train de se dorer les fesses au soleil en vendant des tomates ? L’autre se retourna de son étal annexe et sourit en voyant son vieil ami. Il se rapprocha pour ne pas devoir crier avec Surcouf.
-Prospère, comme tu vois... Mon profit augmente à chaque saison !
-Juteux, oui, mais pour combien de temps ! Donc, je viens à terre pour remplir la bête, dit-il plus bas. J’aurai besoin de fruits, de…
-Doucement, l’ami. Dis-moi simplement ce que tu souhaites, ainsi que leur quantité, lui répondit le marchand qui prit un morceau de papier et un plumeau, prenant le ton professionnel révélateur de sa personne.
Surcouf hocha la tête d’impatience et se lança dans une longue énumération :
-Des fruits, bons et gorgés d’eau, des bananes, de l’eau en quantité suffisante pour deux mois et demi, du pain, des patates, différentes sortes de céréales, du fromage et également du sucre. Ensuite, - il compta sur ses doigts- plusieurs barriques de bon vin. -Du Bordeaux ? le coupa Ben sans relever les yeux.
-Ouais entre autres, également des planches de bois de toutes tailles, du hêtre de préférence, de la résine de pin, du goudron et du brai en abondance, pas trop visqueux non plus. Et de la toile de bonne qualité, pas du vieux tissu en chute que tu trouv’rais au fond d’une carriole ! s’exclama le marin d’un ton jovial. Je crois que c’est tout.
-Tu auras tout ça demain à l’aube, si tout va bien. Ca va te coûter cher, matelot. Il compta en gros ce qu’il lui devait et en arriva à trois cent cinquante écus, ce qui correspondait à une somme colossale.
Mais l’homme au visage rond n’en fut pas surpris.
-Tu auras ce qu’on te doit, et mon employeur saura même en rajouter.
-De quoi parles-tu ? se demanda le commerçant, un sourcil levé.
-Rappelle-toi qui je suis et quel est mon métier, l’ami. Surcouf le salua amicalement et, une ordonnance à la main, disparut dans la foule amassée dans le port.
-Corsaire, chuchota Ben. Il ne comprenait pas bien cette position ou profession, mais tout ce qu’il savait c’était que l’État lui-même payait les corsaires, de redoutables mariniers pourtant si peu nombreux, considérés comme auxiliaires. Un supplément à la Marine, en quelque sorte. Ben oublia ces complications basées sur la réflexion et se frotta les mains. Trois cent cinquante écus, pas moins ! Il s’achèterait plusieurs femmes et vivrait dans plusieurs villas ! Après une ou deux minutes passées à rêvasser, il retourna travailler. Faut faire tourner la boutique, et se tourner les pouces n’a jamais rien rapporté…
-On appareille ! cria le capitaine qui revint de bonne heure sur les quais le lendemain matin. Les matelots et quelques mousses de congé retournèrent également au Clarisse, un fier brick tout neuf et mis à flot il y a peu.
Harco serra la main à son supérieur et lui demanda s’il avait passé un bon séjour à terre.
-Tu sais ce que ça fait quand on y revient, Harco. T’pense au bateau et à la mer, t’as rien qu’une envie, c’est de flotter même dans ta bière de l’auberge du coin, lui répondit-il en remettant avec soin son bandeau rouge vif aux stries blanches compliquées.
Le lieutenant acquiesça avec solennité et fronça les sourcils lorsque son regard fuyait derrière l’épaule de son capitaine : une bande de gamins attendaient devant le navire, l’air patient. Ils se tenaient en rang, comme s’ils avaient été en faction ou à l’armée. Un truc du genre, quoi. Surcouf suivit son regard et se retourna tranquillement, le moins du monde troublé.
On venait de remonter la passerelle et Surcouf ordonna à ceux qui en étaient chargés de la replacer, trouvant une excuse grossière. Il voulait savoir ce que les bonshommes souhaitaient là en restant devant le Clarisse, surtout qu’il ne s’agissait ni du plus prestigieux ni du plus grand rafiot…
Le gamin de tête se rapprocha après une petite discussion fort houleuse avec ses compères, sortant subitement de son immobilité. C’était un rouquin d’assez grande taille pour son âge, taches de rousseur sur les joues, aux habits ternes et déjà délavés. Son visage reflétait une grande crainte. Ce n’était bien sûr qu’une supposition.
-B’jour monsieur, moi et la bande on aimerait faire partie de votre équipage. Voici nos autorisations parentales et le reste. Il les tendit à Surcouf, qui nota un certain respect dans sa voix malgré son langage de fils de roturier. Pour être mousse, il fallait obtenir l’accord des parents et pour le candidat, avoir des mensurations honorables ainsi qu’avoir moins de seize ans. Taille minimale, poids limite, résistance physique acceptable. Ce qui signifiait au « reste ».
-Bien, et savez-vous qui vous paiera et quel sera votre avenir ? Je ne vous apprendrai rien en disant que vous resterez sur des planches la majeure partie de votre vie, sinon la totalité. L’Etat Français sera votre patron, votre mère douleur ou douceur, c’est comme vous voulez, et pour longtemps.
-Oui, on le sait m’sieur Surcouf, intervint un autre garçonnet un peu en retrait, à peine plus petit que le premier.
-Bien, vous acceptez donc ceci. Je vous prends, tous autant que vous êtes, bande de chiens galeux ! Notre destination : l’Océan indien, vous n’avez pas besoin d’en savoir davantage pour le moment, les informa-t-il.
Aucun ne broncha : ils avaient choisi cette situation d’exécutants. Leur place était d’ailleurs très précaire, aussi personne ne parla. Après un rapide rapport de la situation et de leurs effectifs, Surcouf les invita à monter à bord.
En rang et par deux, les jeunes gens remontèrent la passerelle étroite. Le rouquin, peut-être plus curieux et plus téméraire que les autres, traînassa son allure et se porta au niveau du capitaine, qui marchait d’un pas lent, l’œil observateur.
Un peu plus près d'Olivier PEREZ
Le questionnaire de Proust
Ma vertu préférée ? O P : le courage
Le principal trait de mon caractère ? O P : impulsif
La qualité que je préfère chez les hommes ? O P : le sens de l’humour
Et chez les femmes ? O P : la perspicacité
Mon principal défaut ? O P : bavard Ma principale qualité ? O P : franc
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? O P : leur franchise
Mon occupation préférée ? O P : lire
Mon rêve de bonheur ? O P : devenir écrivain
Quel serait mon plus grand malheur ? O P : devenir aveugle
A part moi-même qui voudrais-je être ? O P : un gladiateur
Où aimerais-je vivre ? O P : sur les bords de la Méditerranée
La couleur que je préfère ? O P : le bleu
La fleur que j’aime ? O P : la rose
L’oiseau que je préfère ? O P : l’aigle, le phénix
Mes auteurs favoris ? O P : Glenn Cook, Stephen Lawhead Mes poètes préférés ? O P : Verlaine, Rimbaud
Mes héros dans la fiction ? O P : Indiana Jones
Et mes héroïnes favorites ? O P : Catwoman
Mes compositeurs préférés ? O P : Sébastien Bach, Mozart Mes peintres préférés ? O P : David, Michel-Ange
Mes héros dans la vie réelle ? O P : L’abbé Pierre
Mes héros dans l’histoire ? O P : Hannibal, Philippe de Macédoine
Ma nourriture et boisson préférée ?
O P : bolognaise et cidre
Ce que je déteste par-dessus tout ? O P : les gens mous
Le personnage historique que je n’aime pas ? R: A. Hitler
Les faits historiques que je méprise le plus ? O P : pas de mépris envers l’histoire
Le fait militaire que j’estime le plus ? O P : la bataille de Marathon (-490)
La réforme que j’estime le plus?
O P : la parité hommes- femmes
Le don de la nature que je voudrais avoir ? O P : maîtriser le feu
Comment j’aimerais mourir ? O P : après avoir vécu
L’état présent de mon esprit ? O P : serein
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ? O P : l’ignorance
Ma devise ?
O P : Force et honneur
EPUISE
Olivier Perez - Photo apae 2007
ANDRE KLINGEBIEL : Armand l'Africain Le journal d'Armand Belly... Extrait...
...C’est en 1947, que ma famille revenant habiter Bordeaux, je découvre cet étonnant couple de coloniaux en retraite, vivant à Caudéran dans un univers extraordinaire et fascinant de statuettes frustes, de masques effrayants, de tentures rustiques, de fétiches et d’armes venus d’Afrique. Ce musée exotique était bruyamment défendu par les aboiements rageurs d’un cabot cabotin (manifestement sourd à l’appel de son nom, Matéko) et par les invectives narquoises d’un couple de perroquets.
Lui, c’est Armand, oncle et parrain de mon père. Personnage impressionnant par sa grande taille, son poids, et sa florissante barbe blanche. Son discours est chaleureux, plein d’humour, et surtout truffé d’expressions « pitit-nègue » qui rappellent sa vie coloniale. Elle, c’est Léonie, la « Tante Léon », son épouse. Cette petite bonne femme gironde, pétulante et gaie, est un peu moins expansive, mais surprend toujours par ses remarques incisives et sa voix un peu éraillée. Ils n’ont pas eu d’enfants.
Dans ce domaine étrange, nous, les petits neveux, étions toujours accueillis avec une affectueuse chaleur. Une fois le chien apaisé, le premier sujet de conversation abordé était le plus souvent le jardinage, activité qui apparemment constituait l’essentiel des occupations et préoccupations de notre grand oncle. En ces années d’après guerre, un poulailler occupait le fond du petit jardin méticuleusement entretenu, et peuplé de nombreuses espèces de plantes comestibles ou ornementales, mais aussi de pigeons, tortues, et divers oiseaux citadins, désirés ou honnis,et toujours observés avec patience et précision.
Après de nombreuses considérations horticoles et botaniques, la conversation débouchaitsouvent sur les réminiscences de leur vie africaine. Mais nous ne savions rien de ce couple attachant. Leur passése devinait à travers les allusions et les anecdotes dans lesquelles revenaient souvent certains noms de personnages, et surtout de lieux qui pour lui, et pour elle, étaient particulièrement évocateurs d’aventures très intensément vécues: Bakel, Matam, Kaffrine, Kédougou, Dakar, Abengourou, Nianing, Haute-Gambie, Agboville, Grand-Bassam, Ouidah, la Casamance ( « Ah, c’était si beau la Casamance ! ») ... et bien d’autres encore, auxquels de curieuses histoires associaient des situations mystérieuses. Ainsi avec ma sœur et mes frères, je découvrais une« Afrique » qui semblait bien lointaine puisque certains de ces noms étaient introuvables sur les rares cartes de ce continent dont nous pouvions alors disposer.
Pour mes frères et moi, adolescents entrant dans les études ou la vie professionnelle, le continent africain paraissait absolument inaccessible, même si par son port, Bordeaux était encore la porte de l’Afriquedans les années cinquante. Les voyages intercontinentaux étaient alors longs et onéreux, et les prémisses de la décolonisation rendaient ces anciennes colonies françaises peu attractives, surtout si on n’avait pas de raisons professionnelles pour s’y rendre. En tous cas, jamais l’oncle Armand n’a manifesté devant nous la moindre intention d’y retourner en touriste ou pèlerin, et jamais je n’ai pensé alors à noter, à écrire ces histoires colorées qui m’entraînaient dans ce monde étrange de « la brousse » qui était pour moi un espace lointain et sauvage, qui relevait plus de l’imaginaire que du réel.
Armand étant passionné par les sciences naturelles et ce qu’on appelle maintenant l’ethnologie, j’eus droit à des égards particuliers en tant qu’étudiant en biologie, géologie et préhistoire. Mais l’Afrique m’était présentée surtout par ses aspects botaniques, climatiques et ethniques. Mes études scientifiques universitaires n’avaient aucun rapport avec les échantillons que conservait mon oncle, en particulier dans le domaine géologique, d’ailleurs fort mal représenté par quelques « pierres curieuses », telles des nodules de latérite et de pyrite, ou haches polies qui n’occupaient qu’un recoin d’étagère.
Une quinzaine d’années après la mort de cet ancêtre, dont le souvenir commençait às’estomper, des missions de coopération m’ont conduit en Côte d’Ivoire, et plus tard encore au Bénin (ex Dahomey) puis au Sénégal, et je me trouvais par le hasard de ces voyages professionnels sur certains des sites où avait vécu ce grand-oncle, 40 à 50 ans plus tôt !
La décolonisation survenue depuis ses séjours en Afrique, l’évolution des villes et des populations avait sans doute effacé ou profondément modifié bien des aspects de ces pays, qui n’étaient plus tels que Armand et Léonie les avaient connus. Mais l’Afrique dans ses traits naturels fondamentaux m’est apparue à bien des égards telle que j’avais pu l’imaginer à travers les récits de ces artisans de la colonisation. C’est avec une réelle émotion que j’observais la houle déferlant sur la côte du Bénin à Cotonou, que j’arpentais les vieux quartiers et les belles maisons coloniales délabrées de Grand Bassam et de Bingerville, que je visitais la Petite-côte du Sénégal entre Dakar et Nianing, ou que je contemplais les gigantesques baobabs du Sine-Saloum.
L’émotion alors ressentie, activée par le souvenir de l’affection que j’avais eue pour mon grand-oncle, a suscité mon souci de mieux structurer des souvenirs trop imprécis et estompés. Des questions posées par les membres de ma famille, et le constat que de vieilles photos, des lettres et des documents épars resteraient muets et inutiles si on ne les organisait pas, m’ont incité presque impérativement à entreprendre un travail biographique.
Analyses, décryptages, classements, recoupements d’informations disparates, recherches d’informations complémentaires, découvertes de nouveaux indices, c’est l’occupation captivante de l’imprudent qui se lance dans un travail biographique. Les souvenirs imprécis trouvent des preuves et deviennent des faits. La corrélation et la cohérence d’évènements initialement perçus comme fortuits ou isolés, les rend prosaïquement mais lumineusement logiques. Le puzzle s’organise, mais il manque des pièces qu’il est tentantde reconstituer en faisant appel à l’imagination.
C’est alors que surviennent les scrupules de l’historien, et que surgit le devoir de réservesur la vie d’autrui.
La reconstitution imaginaire de certains détails, parfois nécessaire pour la continuité de la narration, est rendue possible malgré les lacunes de la documentation du biographe. Elle peut être cependant modifiée ou complétée par des élémentsd’information qui n’étaient pas connus ou qui n’avaient pu être interprétés au départ de l’entreprise. Cela s’est produit plusieurs fois.
Chaque vie est unique, et le biographe est souvent indiscret, voire profanateur de vouloir faire revivre à sa manière, une deuxième fois, des personnages qui n’ont rien demandé, si ce n’est la paix du repos éternel. Alors, devons nous faire disparaître tous ces témoignages d’un passé révolu ? Mais a-t-on le droit de détruire un patrimoine familial, et des données qui donnent corps à l’Histoire ?
Voilà l’historien qui revient. Son travail se justifie avant tout par le souci de parfaire la connaissance de la famille, de valoriser et de préciser pour les jeunes générations ce qui appartient à son patrimoine généalogique…
Après ces hésitations, ces réflexions, je conviens qu’il ne s’agit pas de glorifier, de justifier ou de juger une vie. Je n’en ai ni le goût, ni la capacité, ni le droit. Simplement, j’ai essayé à travers un récit, de classer et de mettre en cohérence les témoignages, les souvenirs et les documents (dossier de carrière, quelques photos, lettres, articles et ouvrages sur les pays concernés) disponibles ou rassemblés pour l’occasion.
Alors : Oeuvre d’historien ?Pas vraiment, car il s’agit avant tout du récit d’une aventure humaine...Oeuvre de romancier ? Pas davantage, car l’imaginaire est réduit au minimum, par un souci permanent de la vraisemblance et de l’exactitude de tous les détails. Oeuvre de mémoire, plus simplement, pour conserver la trace d’un membre de ma famille, que j’ai admiré, et avec qui j’aurais aimé pouvoir partager ma fascination tardive pour l’Afrique.Car je veux témoigner à mon tour qu’on ne revient pas indemne de ce continent. Si on a eu la chance de pénétrer en brousse, de rencontrer des africains, de s’imprégner de l’immensité et de la vigueur des paysages, de l’acuité et de la diversité des problèmes inhérents à ces contrées envoûtantes, on est définitivement marqué par l’Afrique.
Pour un natif de l’hexagone, de cette France que tant d’africains rencontrés encore récemment considèrent comme « la mère patrie », ou l’ancienne puissance coloniale, l’arrivée sur le continent africain est toujours un choc physique et psychologique, climatique et culturel, si au sortir de l’avion on n’est pas directement introduit dans les taxis, les bus et les hôtels climatisés pour blancs, où tous les moyens de télécommunications sont immédiatement disponibles, évitant toute rupture d’avec la famille, l’employeur, les réseaux d’existence et éventuellement d’assistance. Il y a près d’un siècle, malgré la période de transition que représentaient les deux à trois semaines de voyage en bateau, la prise de contact avec le continent était plus rude, surtout lorsque le débarquement s’opérait en deux temps, au moyen de chaloupes faisant la navette entre le navire ancré au large de la barre et des installations rudimentaires d’accostage à terre. Enfin arrivé là, seule la Poste, utilisant les mêmes vecteurs maritimes lents et aléatoires permettait l’envoi de lettres auxquelles les réponses en retour ne pouvaient être espérées avant de nombreuses semaines.
Outre l’éloignement et l’isolement qui résultaient de ces difficultés de déplacement et de communication, le temps en Afrique était, et est encore souvent, un paramètre méconnu de qui n’a pas vécu sur ce continent. L’analyse des quelques lettres qui ontété conservées, permet de percevoir que le temps et les délais de communication ont été une dimension importante des conditions de vie d’Armand et Léonie dans la colonie.
Il devient alors évident que ce couple a traversé bien des difficultés, physiques et morales, et que s’il a pu résister et surmonter les épreuves qu’il a subies, c’est qu’un amour profond unissait Armand et Léonie, en dehors de toute bénédiction officielle. Ce n’est pas le moindre aspect de l’exemplarité de la vie d’Armand, l’africain auquel je veux aujourd’hui, en toute modestie, rendre hommage en vous invitant à voyager avec lui pour faire sa connaissance et celle de son Afrique, entre 1906 et 1934.
Toi mon gentil petit Escargot ! Combien de peine as-tu porté sur ton dos, pour qu’un peu de veine aujourd’hui s’échappe de mes maux et vienne alléger le fardeau qui cherche à me faire perdre haleine ?
Comme une douce baleine, la tête hors de l’eau, tu me dis : Mon ami, oublietoutes les chaînes qui t’entraînent et te mènent en bateau ! car demain tu feras le beau, ce sera toi le matelot.
Tu seras le maître de ton chemin, sans laisser faire le destin, même si tu sais qu’il te tient par la main.
Dis-toi bien, qu’il ne fait pas attention au requin qui ère dans le lointain et que, pour un rien, par manque de soin, il perd vite ses freins.
As-tu oublié l’histoire du « petit paille en queue ? »
« Ne va pas te baigner au bord de la mer, fais attention au requin, lui dit sa mère ! »
Et voilà, par manque de conscience, le petit inconscient s’est fait manger par le loup marin. Mieux vaut manger le requin avant qu’ilte dévore mon ami !
Il cherche toujours à chavirer un bateau qui vient de larguer les amarres, car pour lui la proie est plus facile lorsqu’elle est fragile. Si tu le vois venir mon ami, contourne-le ! Ne lui offre pas cette chance de te déstabiliser pour te ramener à la rame. Tu sais bien où il veut en venir, lorsqu’il sentque tu avances !
Alors, dirige-le sur une autre piste ! histoire de t’éclaircir la voie, pour que tu puisses démarrer à grands pas. Il est inutile de lutter contre lui, sauf bien entendu, s’il te fonce dessus. Dans ce cas, il est clair, c’est lui ou toi qui en sortira vainqueur.
Mais, n’oublie jamais qu’il a des dents de scie et que rien ne l’arrêtera. S’il te les plante dans le nez, tu seras très vite avalé comme le petit paille en queue.
L’ami
Mais pourquoi le requin est-il toujours à l’attaque Maître ?
Le Maître
Parce qu’il se sent mal dans sa peau et qu’il a peur lui-même d’être attaqué, monami. Alors, son instinct animal le pousse à la provocation et à l’auto défense. Têtebasse, les dents de ciseaux à l’avant, avec l’idée de victoire dans la peau, il fonce sans penser aux conséquences.
De toute manière,il a besoin d’écraser les autres pour se sentir toujours supérieuret vainqueur. Il a le complexe de supériorité.
Souviens-toi, qu’il n’a pas de main etde cerveau comme toi pour raisonner et agir intelligemment. Il aime le sang qui coule dans l’eau chaude.
Il prend plaisir des combats et se réjouit de la mort qui s’en suit. Il fait tout cela derrière la peur.
En vérité, lorsque les autres nagent dans le calme, la tranquillité et la joie devivre, il est le plus malheureux de sa planète. Bref, il est né pour perturber les eaux douces. C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’en éloigne le plus possible. Elles ne peuvent se sentir d’un mètre, les eaux douces et les eaux salées, mon ami !
Imagine-toi si toutes les eaux étaient salées !
Combien de dégâts aurait porté l’Océan dans ses bras, voyant transformer seslarmes en sang ?
L’ami
Mais dis-moi Maître, comment faire pour détourner le requin de mon chemin, lorsque son instinct de faim commence à me viser de loin ?
Le Maître
Surtout ne panique pas mon ami et fais fonctionner ton précieux outil. N’apporte jamais de l’eau à son réservoir car il t’épuisera avant qu’il ne t’enreste à boire.
Fais le croire à ce qu’il veut entendre et voir. En attendant, toi, tu accomplis ton devoir sans ne rien laisser choir.
Du haut de ton perchoir, tu surveilleras ses déboires et tu verras. Il tournera en rond. S’il s’obstine, il finira par péter les plombs. Ses tourbillons même, l’attireront vers le fond, au milieu des congres et des soles, s’il a su résisterà l’harpon qui, sans pitié, déboussole.
L’ami
Oui, mais dis-moi Maître crois-tu qu’il serait capable de s’adapter à ce milieu, sans penserremonter à l’assaut un jour ou l’autre ?
Le Maître
Mon ami, le temps qu’il se recharge d’énergie, de ton côté, tu en auras accumuléle double, même le triple de ce qu’il possèdera. Mais n’oublie surtoutjamais que c’est toi le cerveau, et lui, le mal de peau. Pour qu’il se mesure à toi, il faut, en toute foi, qu’il change de carapace. Autrement, il pataugera dans soneau, comme une limace.
L’ami
Mais dis-moi Maître, il fera des grimaces, à chaque fois qu’il se déplacera en laissant derrière lui des traces, que seul le temps les effacera, n’est-ce pas ?
... Retrouvez l'intégralité du texte de Marie Rose Atchama dans son nouveau livre : L'ESCARGOT : un texte méditatif emprunt de philosophie et de spiritualité illustré des oeuvres originales de l'auteur.
LE QUESTIONNAIRE DE PROUST A MARIE ROSE ATCHAMA
Ma vertu préférée ? MR A :la patience
Le principal trait de mon caractère ? MR A : la bonté
La qualité que je préfère chez les hommes ? MR A : le battant
Et chez les femmes ? MR A : la féminité
Mon principal défaut ? MR A : la discrétion exagérée. Ma principale qualité ? MR A :la modestie
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? MR A : la bonne humeur
Mon occupation préférée ? MR A : la peinture et la méditation
Mon rêve de bonheur ? MR A : Que chacun ait au moins goûté à une part de joie sur cette terre avant de mourir
Quel serait mon plus grand malheur ? MR A :De disparaître
A part moi-même qui voudrais-je être ? MR A :encore plus moi-même
Où aimerais-je vivre ? MR A :là où je me sens bien
La couleur que je préfère ? MR A :le blanc
La fleur que j’aime ? MR A : le flamboyantou la rose
L’oiseau que je préfère ? MR A : le pigeon ou le moineau. Ils sont familiers
Mes auteurs favoris ? MR A :des auteurs spirituels comme Omraam Mikhaël Aïvanhov
Mes poètes préférés ? MR A : j’ai un faible pour les poètes surréalistes comme Leconte de Lisle
Mes héros dans la fiction ? MR A :sans importance
Et mes héroïnes favorites ? MR A :Il y en a sûrement mais je ne vois pas
Mes compositeurs préférés ? MR A :Jean Michel Jarre , Goldman et autres
Mes peintres préférés ? MR A :des peintres surréalistes comme André Breton. Aussi Picasso et autres
Mes héros dans la vie réelle ? MR A : les secouristes comme les pompiers et autres
Mes héros dans l’histoire ? MR A :Les Anciens Combattants des guerres mondiales. L’Abbé Pierre
Ma nourriture et boisson préférée ?
MR A :Le pain de campagne, fromage et du jus de fruit.
Ce que je déteste par-dessus tout ? MR A : le mensonge
Le personnage historique que je n’aime pas ? R: Saddam Hussein
Les faits historiques que je méprise le plus ? MR A : la guerre des religions . La guerre avec les enfants.
Le fait militaire que j’estime le plus ? MR A : les armistices
La réforme que j’estime le plus?
MR A : Devise : liberté, égalité, fraternité
Le don de la nature que je voudrais avoir ? MR A : Apporterdavantage de l’aide à mon prochain
Comment j’aimerais mourir ? MR A :Je ne préfère pas y penser. C’est au delà de mes pensées. Vieillir oui, mais mourir non.
L’état présent de mon esprit ? MR A : toujours positif. C’est mon art de vivre
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ? MR A : l’inconscience Ma devise ? MR A :Bien penser au lieu de panser.
Photo X.E. Solon : "Comment je vois Marie Rose Atchama" (2007).
JACQUES HODLER
Carnets de pelerinage
Mieux connaître Jacques Hodler
Christine et Jacques Hodler ont rallié Saint Jacques de Compostelle ensemble, un pied devant l’autre, depuis leur Alsace natale. Ils ont ainsi marché près de deux mille cinq cents kilomètres en cinq grandes étapes successives entre 2001 et 2005. La première étape les a emmenés de chez eux jusqu’à Dijon, la deuxième de Dijon au Puy en Velay, ensuite, du Puy en Velay à Saint Jean Pied de Port. En Espagne ils ont rejoint, puis emprunté le chemin du nord, qui longe l’océan. Le « camino del norte » est plus long mais plus sauvage et beaucoup moins fréquenté et il a fallu, là encore, deux grandes étapes pour arriver au but. Jour après jour, Jacques a noirci les pages de ses « carnets de pèlerinage ». Il nous raconte ainsi ce périple hors du commun, mais surtout, il nous livre, « comme si nous y étions », tout un kaléidoscope d’émotions, d’humeurs,d’observations, et de réflexions que suscite immanquablement une telle aventure.
Jacques Hodler est né en 1955 à Ribeauvillé. Il a été agriculteur jusqu’à l’âge de trente ans, comme ses parents, comme ses grands parents qui s’étaient installés là après avoir fui la crise économique qui sévissait en Suisse dans les années trente.
Très jeune déjà il se posait maintes questions sur le sens de l’existence. Sa recherche l’a amené à explorer différentes voies de développement personnel avant de rencontrer le taoïsme et les arts énergétiques taoïstes qu’il pratique et enseigne aujourd’hui. C’est également de cette « voie du juste milieu », dont il s’inspire dans son activité « d’accompagnateur au cheminement humain », dans le regard qu’il porte sur les choses ainsi que dans son écriture.
Père de trois grands enfants issus d’un premier mariage. Aujourd’hui remarié, il goûte à nouveau aux joies de la paternité avec Augustin qui est né en 2006.
Dans sa « nouvelle vie », il est papa à la maison, pèlerin, écrivain, accompagnateur au cheminement humain, enseignant de pratiques taoïstes de santé et d’évolution personnelle, praticien en soins manuels et énergétiques.
Jacques a grandi dans une famille d’agriculteurs car ses grands-parents qui avaient fui la crise économique qui sévissait en Suisse dans les années trente, s’étaient installés là avec leur deux jeunes fils, en tant que paysans.
En entrant à l’école maternelle il lui a d’abord fallu apprendre le français car, à la maison, on parlait le Suisse allemand. Ensuite, et peut être en partie à cause de cela, il a été un garçon et un jeune homme sensible, réservé, timide, solitaire. Petit, il était plutôt un bon élève car il avait à cœur de bien faire et aussi parce que, à l’école primaire on pouvait encore apprendre des choses concrètes, utiles, qui avaient du sens. Mais, déjà là, il préférait de loin aller aider son père à traire les vaches et à s’occuper des veaux plutôt que de faire ses devoirs ou que de passer du temps avec des camarades de classe.
A partir de la cinquième classe les choses sont devenues plus difficiles car il fallait rédiger des rédactions beaucoup plus étoffées et, il lui semblait la plupart du temps n’avoir rien à dire. Cela était encore bien pire quand le sujet était libre ; un véritable casse tète. Pire encore ; présenter un exposé ; mission impossible ; il a toujours tout fait pour échapper à cette « torture ».
Comment dire des choses, avoir un avis, s’exprimer quand on ne se sent pas quelqu’un. Le calcul des années d’école primaire était devenu « mathématiques modernes » matière totalement abstraite, et aucun professeur n’a jamais réussi, ni même cherché d’ailleurs, à lui faire saisir à quoi cela pouvait bien servir concrètement. Il n’y a guère que les langues qui lui paraissaient utiles à apprendre. Pour le reste, le secondaire lui a semblé plus un bourrage de crâne stérile et ennuyeux que quelque chose de formateur.
C’est ainsi qu’il s’est « traîné » jusqu’à la troisième pour quitter l’écoleavec plus de questions, notamment existentielles, que de réponses. Il pense que l’école, au lieu de gaver les enfants de savoir tous azimuts, de théories abstraites de devoirs et d’interrogations, « aujourd’hui des contrôles » sanctionnées par des notes, devrait plutôt chercher à éveiller leur curiosité, leur soif de connaître et leur apprendre qu’ils sont quelqu’un ; quelqu’un d’important ! Cela est sans doute encore plus vrai aujourd’hui.
Après deux ans de formation dans une école d’agriculture à Berne, deux ans qui restent un bon souvenir, il est devenu agriculteur comme son père et comme son grand-père, mais pas réellement satisfait pour autant, car l’agriculture moderne est, elle aussi, devenue une espèce de fuite en avant, de course à la rentabilité, de moins en moins connectée à la nature, à ses lois ni à un véritable sens.
Il s’est marié sans vraie conviction. Stéphanie, Matthieu et Marie sont arrivés. Marie est devenue « handicapée » suite à un accident dans sa toute petite enfance. Handicapée entre guillemets parce que, par la suite, à côtoyer les personnes handicapées et à travailler avec elles, Jacques s’estsouvent demandé qui, entre les personnes « handicapées » et les personnes « normales » étaient plus normales ? Grande et riche expérience donc, que celle d’accompagner Marie, sa sœur et son frère. Riche expérience également que celle d’une vie conjugale difficile.
Questionnements, insatisfactions, crises, recherches, rupture avec le père, emplois de toutes sortes, divorce, dépression, traversée du désert, recherche encore, expérimentations. Et.. rencontre avec le taoïsme ; La « voie du juste milieu ». Non pas une rencontre avec le compliqué, théorique de la philosophie taoïste, mais avec son application pratique, simple, logique. D’abord retrouver son ancrage, sa verticalité, son axe, son centre, sa stabilité, l’acceptation et l’estime de soi, la conscience de son appartenance à la création, de quelques lois universelles, etc. etc. D’abord se relever, se reconstruire ; d’aborddésapprendre la cogitation inutile, faire le ménage, faire la paix dedans, faire la paix dehors, par des exercices simples et pratiques. Gymnastique, respiration, attention, méditation, acceptation.
La connaissance et la compréhension viendront s’installer (presque) d’elles mêmes dans un esprit libre et disponible. Il faut préparer le terrain ; c’est comme au jardin, il faut préparer la terre, la rendre fine et accueillante avant de semer. Viendra s’installer aussi, la prise de conscience de toutes sortes de parallèles et de corrélations avec les différentes traditions et notamment avec la nôtre, chrétienne. Aujourd’hui, Jacques sait que le « bonheur » est dans le ventre (dans le centre), il sait qu’il est quelqu’un, il sait qu’il a sa place, il a des avis, il sait se positionner, il a des choses à
dire, à écrire. Il sait aussi que la vie est un grand pèlerinage, une riche expérience, un cycle qui commence à la première inspiration et qui se termine à la dernière expiration.
Autres ouvrages de l’auteur
- Le Tao, le taoïsme ancestral et le bien être aujourd’hui
Le nouveau recueil de poésie d'André Kraemer ; extrait...
Le droit au rêve
Ouvre la porte du jardin des rêves Admire la beauté de ce moment fabuleux Tout est d’une aisance sans borne Point de mirages, ni d’utopie. Arpente sans fin cet espace de sérénité Ouvre le livre des rêves tourne, les pages Savoure le plaisir de l’éclosion De la rose du matin enchanteur, D’une journée radieuse. Survole l’univers tout t’est permis, Rien ne peut t’arrêter Il réunit les coeurs brisés, efface les pleurs, les douleurs. Ne pose point de questions Voyage au gré du fantasme, Laisses-toi irradier des rayons bienfaisants A ton âme Ne pense pas à demain, goûte le présent. Vogue sur une mer émeraude D’un calme reposant, vois le ciel bleu Sans nuages, écoute le chant des oiseaux Ne ferme jamais cette encyclopédie du rêve Tu partiras d’un bon pied dans ce monde cruel Incompréhensible, mais savoir que tu pourras à ton gré Ouvrir et lire le manuscrit salutaire à ton bien-être Sache que la porte du jardin des rêves ne se ferme jamais. Tes rêves t’appartiennent, nul ne pourra les effacer, c’est ton seul trésor.
Né en 1975 à Strasbourg, Régis Pantzer grandit dans l’univers de la science-fiction à travers la télévision et le cinéma. A cette époque, le genre est en pleine expansion ; un grand nombre de films, considérés comme cultes à ce jour, sont issus des années 80. Cette influence du 7ème art, le décidera à coucher son imagination sur papier, dès l'age de 14 ans.
Aujourd’hui, Régis Pantzer a plus d’une douzaine de nouvelles à son actif dont celle-ci, éditée pour la première fois en texte intégral.
Extrait :
La Marine Stellaire Européenne est la plus grande puissance industrielle et gouvernementale de la planète Terre. Elle est née de la fusion de l’ESA et de toutes les armées de l’Union Européenne. Ce continent est composé de plus de 35 pays différents, et est gouverné par le Nouveau Conseil de l’Europe, communément appelé « Les Quarante ». Ces derniers sont les investisseurs du meilleur programme informatique jamais conçu : Stella. L’apogée de la MSE et son monopole commercial sont issus de la catastrophe de Berlin. En 2197, une météorite s’abat sur la ville. Le professeur Edmund Zielk, prix Nobel de physique, est chargé de l’examiner. Il y découvre une pierre rayonnante, non toxique et non polluante qui dégage une forte et très longue énergie. Deux ans plus tard, il invente le moyen de produire cette énergie sous n’importe quelle forme et pour n’importe quelle utilisation, et cède le concept à sa patrie, l’Europe. En son honneur, cette pierre portera son nom. Cependant, la source n’est pas intarissable. Fort du programme Stella et de la pierre de Zielk, la MSE est la première force aéronautique et spatiale du monde. Elle crée la mission Magellan I afin d’explorer et photographier les petits nuages de Magellan, dans la galaxie d’Andromède. La plus proche de notre système solaire. Les ordinateurs Stella avaient calculé cette destination comme point de départ de la météorite. Et ce futun succès ! Aussitôt la mission Magellan II a été mise sur pied. Objectif : atterrir sur M31, grosse planète rocheuse dans les grands nuages, présumée par Stella comme ressource de Zielk, à plus de deux millions d’années lumière de la Terre. Une virée de 20 ans, aller-retour, qui se passe en une nuit pour l’équipage. Le système de cryogénisation vous stoppe dans la vieillesse et la vie. Vous ne prenez pas une ride. Vous ne vous en rendez pas compte. Si ce moyen de conservation est une réussite, les exploits technologiques de la MSE sont loin de nos films de science fiction fétiches. Elle établit ses trajectoires de vol à l’axe. La trajectoire est calculée selon la droite la plus longue et la plus large possible dans le cosmos. Les bâtiments peuvent se déplacer dans l’espace à très grande vitesse, mais ils sont aussi lents que le Titanic à manœuvrer. La propulsion est assurée par le minerai de Zielk, chose que la NASA n’a pas et doit payer cher pour en avoir. Malgré sa férocité commerciale, la MSE vit du partage des communautés, à l’image de l’Union. L’équipage du Magellan est acquis à cette idée. Rachel est lettone, Jérémi allemand, Lucie française, le Major Oslo suédois, Marko, lui est grec par son père, mais il porte le nom de sa mère, polonaise. Miss Bee est anglaise, et M. Shadow irlandais. Le Général Dosantos, porte-parole des Quarante à la MSE, quant à lui, est portugais. Mais l’anglais, à l’instar du français qui reste usité en Europe, est le seul langage pratiqué à bord. Le Major est le doyen sur le Magellan. Il est le navigateur. Il opère toujours en duo, avec la « machine » : Stella. M. Oslo a passé sa vie au service de la MSE. Il a le visage buriné par les missions. Il est allongé, les joues creusées, le nez fin, les cheveux grisonnants et le front plissé. Il a toujours une paire de petites lunettes rondes sur le nez. Le Major est très grand et svelte pour son âge. Il porte le costume bleu nuit de la Marine Stellaire. Il a le tempérament serein, et calme souvent le jeu. Sa sagesse est le fruit de son expérience. Tout aussi impassible est le Capitaine de bord, Monsieur Shadow. Il s’aimerait plus autoritaire, mais la justesse de son jugement en fait un homme respecté. Il n’a pas le grade le plus élevé de la mission, mais il reste maître décideur à bord, hors MSE. Il a la quarantaine passée, et est un personnage taciturne. Il a les épaules carrées, la tête droite, l’allure sportive. M. Shadow a le cheveu noir aux pattes grises. Son visage est carré lui aussi et il a les yeux bleus. Lui aussi porte son costume de marin. Bel homme, droit et intègre, il est l’icône de la MSE même si le Capitaine n’est pas toujours d’accord avec elle. Toutefois, c’est un marin d’expérience qui assume ses responsabilités et ses ordres. Lucie Fortin a elle aussi le grade de Capitaine, mais elle fait partie de l’unité de vol aérospatial léger de la MSE. Elle ne peut mener un navire. Elle est pilote de chasse sur Jets, sorte d’astronefs ultrarapides. Lucie est une personne surprenante. Elle peut être effacée et pourtant être dans l’action. Elle choisit certainement de s’effacer pour mieux rebondir. L’Amiral la trouve naïve, mais elle n’est pas dupe. Jolie blonde, coupe courte et moderne, le Capitaine Fortin a le physique d’une pin-up, le cerveau en plus. Elle est la seule habilitée à avoir un laser à la ceinture, lorsqu’elle est en combinaison de vol. Hormis les Jets de Lucie qui sont, eux aussi, équipés de canons laser, le Magellan, simple vaisseau de reconnaissance,ne dispose pas d’autre armement, à l’intérieur de ses murs. Les armes d’appoint se trouvent dans plusieurs boîtiers situés aux points stratégiques du bâtiment. Il n’y a que Stella qui puisse commander l’ouverture de ces boîtiers, et il y a très peu de bons tireurs parmi l’équipage. Heureusement Mark Kovski, alias Marko, en fait partie. Il est le chef opérateur. Un homme à tout faire : Machinerie courante, chef de chantier, mécano et pilote occasionnel. Toutefois, il préfèrera le Minipack au Jet ; un peu pour Miss aussi. Marko est un franc tireur. Le manque d’action l’ennuie. Pas de costume pour lui, mais un pantalon et un T-shirt noirs. Trapu et musclé, il a les épaules et le cou larges. Des mains plutôt fortes et le visage rond. Sa chevelure est noire, frisée, dégagée dans le cou. Marko a la trentaine facile, le franc parler facile et la hiérarchie difficile. Mais peu importent les reproches… Comme il le dit lui même, il est le meilleur ! Il ne reste qu’un militaire à présenter. Le Lieutenant Bee. Miss Bee. Ou Miss, simplement. Très présente, elle se montre intouchable comme si elle s’était réfugiée sous une carapace. Elle souffre certainement d’un complexe post-ado, vu son quart de siècle à peine dépassé. De plus, Miss est un garçon manqué, toujours flanquée de ses gilets chasseur et baggy noirs, et de sa casquette. Elle est petite et fine, ses cheveux châtain clair, toujours attachés en queue de cheval. Elle a les yeux noisette, un petit nez rebondi, les joues rondes et le visage qui s’affine au menton. Miss est spécialisée en biomécanique. En bref, c’est une tête. Elle a toute une armée de cyborgs, appelés Boys, à son service. Elle est la conceptrice d’un Boy plus évolué, dénommé Jack. Les deux font la paire ! L’insolite rencontre l’isolée. Rachel Hancook est la dernière femme à bord du Magellan. Elle est professeur en biologie universelle. Elle étudie tout ce qui existe, toutes les faunes vivantes. Rachel est une belle femme mûre, légèrement ronde mais assez grande pour embellir ses formes. Elle porte toujours une robe et une blouse blanche, telle une véritable scientifique. Les cheveux raides et bruns, les yeux verts et la sincérité de son visage la rendent très attirante. Mais Rachel est la compassion même, ce qui fait d’elle la grande sœur par excellence. De par son activité, elle est liée au professeur Krieger. Jérémi Krieger, professeur en biochimie nucléaire, créateur du projet Magellan I, et nommé Amiral d’Honneur à la suite de la réussite de cette première mission, est un homme curieux. Bedonnant, barbu et joufflu, au demi-siècle juste, Jérémi est plus un bon vivant du gratin de la MSE qu’un officier. M. Shadow le lui reproche d’ailleurs. A ce propos, il ne porte pas d’armoiries, mais simplement un costume beige. L’Amiral est têtu, privilégiant la science et la découverte avant toute autre chose, avec toutes les conséquences que cela amène. Pendant le voyage, toute décision hors cahier de route doit être prise avec l’accord des Quarante. Les liaisons radio s’effectuent par fibres optiques à projection laser. La lumière étant plus rapide que le son, le laser parcourt des millions de kilomètres à la recherche du satellite relais le plus proche et crée une chaîne pour acheminer la communication jusqu’à la Terre. Les satellites relais, généralement en orbite, sont courants dans le système solaire. Ils tracent de véritables routes à travers la galaxie. Les planètes deviennent alors des phares pour ces marins. Jupiter étant le plus gros relais du système solaire. Pas moins de mille satellites transmettent dans toutes les directions, même si les Humains sont toujours restés aux limites de leur univers. La mission Magellan II est une pionnière. Pour la première fois, des hommes vont traverser la Lisière Lactée vers la galaxie voisine. La galaxie d’Andromède, à 2,2 millions d’années-lumière ! Que vont-ils découvrir à leur réveil ? Ils sont partis chercher du Zielk, mais comment être sûrs de la présence de ce minerai sur M31 ? Les ordinateurs Stella sont-ils fiables ? Peut-on faire confiance à leurs probabilités ? Au moment de la cryogénisation, beaucoup de questions, sans réponse, trottaient dans les esprits des membres d’équipage. Leur destination est si lointaine qu’aucun homme n’y a jamais mis le pied… Prêts pour le départ ?
Et si vous souhaitez en savoir plus transportez vous vers son BLOG :
Une œuvre de fiction en traduction, quoi de plus ordinaire, banal disent certains, ignorant ce que cela représente de persévérance et de compétence, de pouvoir de persuasion et de force de conviction. « Sortie scolaire » qui est le titre français retenu par les auteurs de la traduction du livre « Klassenfahrt » de Reinhard JUNGE, est une expression familière au monde de l’enseignement. Événement mis en œuvre pour élargir le domaine pédagogique, son annonce retient l’attention du pédagogue. Dans le cas présent, l’expression a une valeur symbolique et polysémique et recouvre en fait l’histoire de l’ouverture au monde d’un groupe d’élèves sous la houlette de leur professeur d’allemand.
Effectuer, et ici écrire, une « Sortie scolaire », c’est renoncer au cadre rassurant de la salle de classe et quitter les sentiers battus des activités pédagogiques programmées. C’est surtout enrichir une activité d’enseignement par un contact avec le monde réel, trouver et donner du sens, susciter un intérêt réel pour un domaine que l’on maîtrise et dont on est chargé de transmettre le contenu aux élèves qui vous sont confiés.
«Sortie scolaire » est une aventure collective vécue par un professeur et ses élèves et aussi l’aboutissement de l’action que l’on peut qualifier de « missionnaire » de Joseph GROLL qui, entre le Collège René Schickele où il a été titularisé en 1969, et le Lycée Jean Mermoz où il est nommé en 1985, a effectué toute sa carrière de professeur d’allemand à SAINT-LOUIS.
Échanges scolaires avec des lycées de DRESDE, SALZBOURG, BERLIN, voyages scolaires à HEIDELBERG, FRANCFORT et FRIBOURG, visites de musées et d’expositions à BÂLE, actions et activités pédagogiques autant que culturelles émaillent sa carrière.
Il a été, entre autres, l’animateur de l’option Langue et Culture régionales et l’initiateur de la section européenne de langue allemande au Lycée Jean Mermoz et a motivé plus d’un élève à participer avec succès à différents concours d’écriture.
La note culturelle a toujours été présente dans son enseignement, ainsi que l’ancrage dans le monde, aussi pendant dix ans, en collaboration avec les organisateurs de la Foire du livre de SAINT-LOUIS, a-t-il fait venir au Lycée Jean Mermoz de SAINT-LOUIS des auteurs de langue allemande représentant divers aspects de la littérature germanophone actuelle. C’est ainsi qu’en mai 1997 Reinhard JUNGE a pu rencontrerune soixantaine de lycéens pour un échange à propos de son livre « Klassenfahrt ». Et c’est là que commence l’aventure. À un élève qui souhaite savoir si le roman a déjà été traduit, l’auteur répond : « Oui, en américain et en russe, mais pas encore en français. » Pour Joseph GROLL l’occasion est trop belle, et sans hésiter il demande à l’auditoire : « Qu’attendons-nous pour le faire ? »
Le défi est lancé et à la rentrée suivante, des élèves de la classe de Première sont prêtes à s’atteler à la traduction de « Klassenfahrt », sous la direction de Joseph GROLL.
Ce dernier a su organiser le travail, le superviser, insuffler l’énergie nécessaire pour mener l’action à son terme, et en l’espace d’une année scolaire, le plus gros de la traduction est achevé. Encore fallait-il transcrire cette dernière et une fois de plus les élèves et le professeur se partageaient le travail de dactylographie, relecture et mise en page. A l’automne 1998, le tapuscrit était terminé.
L’aventure pouvait s’arrêter là, mais après tant de peine, les traducteurs songeaient à l’édition de leur travail commun, et là, ils étaient loin de se douter qu’ils s’engageaient dans une autre aventure qui, elle, allait durer dix ans.
De nombreux éditeurs ont été contactés. Les éloges ne sont pas rares : Votre initiative…me paraît tout à fait intéressante et innovante dans le cadre de l’enseignement » ou bien « Bravopour l’originalité ! » ou encore : « Quelle excellente idée ! Ah, si j’avais eu un professeur delangue comme celui-là… ! » Mais ces éloges étaient régulièrement ponctués par des : « Malheureusement… »
Que d’espoirs déçus ! Joseph GROLL savait ce que son action avec les élèves avait d’original et d’innovant et m’avait souvent parlé de son espoir de voir publier le fruit de cette action collective pour qu’elle ne restât pas un simple exercice scolaire, cependant, ayant opté pour un départ à la retraite en 2002, il avait fini par déposer le tapuscrit dans … un tiroir.
Tout ce travail allait pourtant porter ses fruits et Joseph GROLL reçut quelques années plus tard un courrier d’une de ses anciennes élèves lui rappelant le souvenir de ce travail commun et les bienfaits qu’elle en avait tirés pour son activité future. C’était juste avant la Foire du Livre 2007 et, coïncidence extraordinaire, le professeur découvre à la même période dans la presse régionale qu’une autre de ses anciennes élèves du collège était chargée des relations avec les éditeurs dans le cadre de la dite Foire du livre de SAINT-LOUIS.
C’était une occasion à ne pas manquer. Joseph GROLL contacta cette responsable qui l’orienta providentiellement vers le représentant d'APAE qui tenait un stand à la Foire, et ce dernier donna son accord pour l’édition du texte à compte d'éditeur.
Voilà l’heureux aboutissement d’une superbe aventure culturelle menée de main de maître par un professeur qui, jusqu’au bout de sa carrière, et au-delà, a su rester proche des jeunes, sans jamais renoncer à ses valeurs ni exigences.
Je souhaite bonne lecture à tous les francophones qui ont accès à ce roman grâce au travail de Joseph GROLL et de ses élèves.
Sonia SCHERBERICH Proviseur du Lycée Jean Mermoz de SAINT-LOUIS, de 1994 à 2005
Extrait
Chers couche-tard, pauvres lève-tôt ! Encore un regard vers la montre. Il est maintenant exactement 5h45, six heures moins le quart, et j’espère bien qu’il n’est pas plus tard chez vous à Munich, Hambourg ou Wanne-Eickel…
Le gardien de la paix Strauch fit la moue pendant qu’il refermait son étui à pistolet et qu’il tirait sur les pans de son uniforme. Les petits rigolos de la radio ne savent vraiment plus quoi inventer, pensa-t-il.
Il posa son képi avec soin pour ne pas se décoiffer et vérifia dans la glace s’il était bien ajusté. Puis il éteignit le transistor, claqua la porte de l’armoire et la verrouilla.
D’un pas fringant, il alla vers son poste qui se trouvait juste à côté de l’entrée principale. Décidé, il se plaça à côté de ses collègues de l’équipe du matin et leva la main vers son képi.
« Gardien de la paix Strauch, présent à son poste ! »
L’officier de garde, un brigadier chef grisonnant, lui décocha un regard désapprobateur de son bureau. Pendant un instant, on eut l’impression qu’il voulait blâmer le jeune fonctionnaire pour ses 45 secondes de retard. Pourtant, ses sourcils broussailleux en accent circonflexe redescendirent et il pointa le nom de Strauch sur le registre, sans rien dire.
« Schulz et Heimann prendront les poids lourds, Weber et Strauch contrôleront les voitures. Vous deux… ». Ses yeux se posèrent sur les policiers qui n’avaient pas encore été nommés. « … restez ici en réserve. »
Il se leva et se dirigea vers une armoire en acier dans le coin de la pièce. Il l’ouvrit et sortit du casier supérieur six chargeurs remplis de balles de 9 millimètres.
« Recomptez et signez » grogna-t-il par habitude en présentant un chargeur à chacun des jeunes douaniers.
Peter Strauch regarda attentivement le métal plat dans sa main. Par les ouvertures du boîtier brillaient les huit cartouches.
Satisfait, il sortit son Walter P1. Il dirigea le canon réglementairement vers le bas et engagea le chargeur dans la poignée de l’arme. Un "clic" métallique prouva que le boîtier était en place.
« Des directives particulières ? » demanda-t-il.
Le grisonnant secoua la tête, un sourire moqueur sur les lèvres :
« Tout est calme. Jusqu'à 7 heures, contrôlez au hasard tous les dix véhicules. Et après, ne retenez pas les travailleurs frontaliers. Rompez ! »
Strauch et Weber firent demi-tour sur leurs talons et se dirigèrent vers la porte. Comme tous les matins, Strauch resta encore 2 ou 3 secondes là, debout, la poignée en main, son regard balayant l'affiche, juste à côté de l'entrée, sur le mur qui fut un jour blanc.
TERRORISTES !
ATTENTION ! ARMES À FEU !
Dessous il y avait les photos de 15 femmes et hommes recherchés dans toute l'Allemagne.
Pendant que le gardien de la paix observait pour la centième fois les visages des malfaiteurs, les doigts de sa main droite s'écartèrent et tâtèrent le cuir froid de son étui de pistolet. Strauch avait 22 ans, était depuis quatre ans dans la police des frontières et n'avait été promu qu'une seule fois.
À ses heures perdues, il imaginait la façon dont il interpellerait l'un de ces terroristes sur l'affiche et le présenterait, pistolet à la main, à ses supérieurs étonnés.
« Bon, tu viens ? ! » Weber poussa Strauch impatiemment vers la porte.
« Avec des photos pareilles, tu ne reconnaîtrais même pas ta propre mère. »
Schulz et Heimann pressèrent aussi le pas parce qu'ils avaient un trajet plus long à faire. Le contrôle douanier des poids lourds se trouvait juste derrière le bâtiment, mais les passeports étaient vérifiés cent mètres plus loin, à l'endroit où les camions s'engagent sur l'autoroute. Les deux policiers venaient de quitter leur baraque en tôle et se tenaient frissonnants sur le tronçon de route entre la guérite et le poste de police.
« Salut les gars !
- Salut, il était temps…
- Il s'est passé quelque chose ? demanda Strauch.
- Bien sûr, dit l'un. Des terroristes, des centaines, mais aucun ne s'est arrêté pour demander de tes nouvelles.
- Idiot ! »
L'autre sourit et tapota son front de l'index.
Weber avait utilisé ce court intermède pour s'assurer la place la plus tranquille dans la baraque en tôle. Il s'assit confortablement derrière l'écran de contrôle, déplia le journal "Bild" avec beaucoup de cérémonie, et pour couronner le tout, fit un signe évocateur de la main, avant de se plonger dans la partie sportive du journal.
Il revenait donc à Strauch de contrôler les voitures pendant la première heure. Weber n'entrerait en action que si quelqu'un lui paraissait suspect, c'est-à-dire : qu'il poserait les papiers d'identité sur l'écran pour les transmettre, en pressant un bouton, au terminal Inpol situé au premier étage du bâtiment.
Le brigadier, au premier étage, contrôlerait alors, grâce à un code d'accès, le fichier des personnes recherchées du système informatique de la police de Wiesbaden. Puis il taperait le nom et la date de naissance du "client" et, en moins de deux secondes, il saurait si la personne était un des 215 000 citoyens recherchés ou surveillés en permanence.
Pendant exactement 27 minutes, Strauch fit les cent pas entre la baraque en tôle et l'entrée principale avant de demander les papiers d'un voyageur. Le vingtième véhicule arriva à 6h39. Le trentième, à 7h12 exactement, quitta l'autoroute et s'engagea dans la voie de contrôle.
C'était la dernière voiture que Peter Strauch contrôlerait.
REINHARD JUNGE
est né à Dortmund en 1946. Il est enseignant à Bochum. En collaboration avec Jürgen Pomorin, il s'est intéressé plusieurs années durant aux milieux nazis d’Allemagne Fédérale. Leurs reportages écrits « Les Néonazis » (1978), « En avant, nous reculons » (1979) etc. ont étés traduits en cinq langues. « Klassenfahrt » est paru en 1985. C’est le premier roman policier de Junge. Il a été traduit en russe en 1989. Avec Léo P.Ard (=Jürgen Pomorin), il a écrit en 1986 un thriller politique « Bonner Roulette ». Leur seconde coproduction « Das Ekel von Datteln » a été nominée parmi les quatre meilleurs polars de l’année 1988 pour le Prix de Littérature Policière.
Traduit de l’allemand en 1997 par : Camille BERDILLON, Élodie METZGER, Sandra PFISTER, Ingrid VERDY et Christelle WOLF, Élèves de Première au Lycée Jean Mermoz de Saint-Louis, sous la direction de leur professeur Joseph GROLL. Illustration couverture réalisée en2007 par :Justine GRASSER élève de quatrième au Collège Jean Monnet de Dannemarie.
165 pages - Roman policier à partir de 13 ans.
15 euros + 3 euros de participation aux frais de port. Tous les droits perçus par le collectif sortie scolaire, composé des traducteurs du livre, seront reversés à une association caritative.
Christophe Barbet-Carrère présente son premier livre
LE COMBAT
H moins cinq heures
Samedi 12 mai, il est vingt heures vingt et l’équipe d’après midi est déjà partie, mon collègue prépare les traitements de nuit pendant que j’effectue le tour du service ; c’est l’occasion de saluer les patients, vérifier si tout le monde est là, contrôler les portes qui donnent sur l’extérieur, observer si rien d’anormal ne se présente.
Tout est calme, j’effectue en toute confiance un travail que je connais par cœur, de plus je porte un des P.T.I (protection du travailleur isolé), en l’occurrence un bip que l’on peut actionner pour obtenir le renfort de plusieurs infirmiers: dès que l’alarme sonne, l’écran du P.T.I indique l’unité concernée. Je suis loin d’imaginer que ce P.T.I me sauvera la vie dans quelques heures.
La moitié du service est déjà contrôlée, j’ouvre la porte de la chambre sécurisée dans laquelle se trouve un patient qui a le droit de circuler, mais quelques fois nous devons l’enfermer quand son état le nécessite, c’est le cas aujourd’hui.
Intellectuellement très limité, il peut notamment être victime d’hallucinations, sans compter ses épisodes de potomanie (besoin impérieux de boire une grande quantité d’eau) qui peuvent provoquer des troubles du comportement. Une fois de plus il a dû être enfermé, il n’arrêtait pas de boire en s’introduisant dans les salles de bains que l’on trouve dans chaque chambre. Il n’est effectivement pas stabilisé ce soir, il me réclame le petit déjeuner, piétine sur place tout en restant calme cependant. Je prends le temps de discuter un maximum pour le rassurer, le situer dans le temps (il est persuadé d’être le matin) tout en lui faisant comprendre qu’il ne circulera pas dans le service ce soir. Il finit par retourner se coucher, quant à moi je poursuis ma tournée calmement tout en m’imprimant dans un coin de l’esprit qu’il faudra régulièrement le surveiller à l’aide de l’écran de contrôle dans la salle de soins (ce type de chambre est équipé de caméra), autant ne pas prendre de risques si on doit rentrer dans son périmètre car il demandera forcément à aller aux toilettes, or sa salle de bain est tout le temps fermée à clef pour éviter qu’il ingurgite des litres d’eau.
H moins deux heures et quarante cinq minutes
Cela fait un petit moment que j’observe l’écran de contrôle, plus précisément le patient en question. Régulièrement il frappait normalement à sa porte. Sans lui ouvrir, il suffisait de lui répondre pour qu’il retourne se coucher. Mais cet écran m’intrigue. Il me montre une chambre faiblement éclairée par la veilleuse, un patient couché recouvert de sa couverture, semblant dormir…Je ne sais pas pourquoi l’image m’intrigue, il me vient en tête qu’il ne faut jamais se fier aux apparences, surtout en psychiatrie, tout le monde le sait dans ce milieu ; alors je reste devant cet écran pour trouver la faille car quelque chose ne colle pas dans cette scène : une scène calme, un patient qui dort…alors qu’il se manifestait à intervalles réguliers.
Ça y est, j’ai trouvé ! Tout à coup il bondit du lit, se met dos à la fenêtre, reste droit, figé comme un robot. Cela dure un petit instant puis il retourne aussi vite au lit, se met sous la couverture; de nouveau la même image : unepièce calme, un patient qui dort…mais l’image ne reflète pas la réalité. Je reste devant cet écran.
Ca y est cela recommence, il bondit du lit, se met devant la porte sans frapper et s’accroupit. Finalement il retourne se coucher. J’arrête de regarder cet écran mais garde en tête qu’il faudra rester vigilant, c’est arrivé plusieurs fois que l’on appelle du renfort à son sujet.
H moins deux heures et cinq minutes
L’unité est toujours calme, mon collègue est devant la télévision, quant à moi j’ai étalé une multitude de papiers personnels à classer sur la table de la salle de visite, la porte donnantsur le couloir est grande ouverte pour surveiller et écouter ce qui se passe. Après la vue, l’ouïe est certainement le sens le plus utilisé dans notre travail, le moindre bruit de clefs à l’entrée du service est vite repéré par exemple.
Tous mes papiers sont en fait des documents et notes personnelles consécutifs aux six mois de stages que je viens d’effectuer aux Hôpitaux Civils de Colmar, plus communément appelés hôpital Pasteur.
Titulaire du diplôme d’infirmier de secteur psychiatrique, qui n’existe plus depuis 1992, j’ai la possibilité de faire huit mois en hôpital général afin d’obtenir une équivalence qui me permettra de travailler ailleurs qu’en santé mentale si je le désire. J’estimais que cela ne pouvait pas me faire de mal de me bouger un peu professionnellement et de voir comment cela se passe dans cet environnement professionnel bien différent du nôtre.
Les six mois passés ne furent pas faciles mais j’étais satisfait d’avoir réussi ce challenge personnel ; cependant un souci de lieu de stage se posa pour le service des urgences, il me manquait deux mois dans ce typed’unité pour obtenir mon nouveau diplôme. En attendant de pouvoir régler ce problème, je suis revenu à Rouffach le deux mai. L’ironie du sort fera que je terminerai la nuit dans ce service d’accueil des urgences.
Je suis donc censé être chez moi avec ma famille puisque durant mes stages j’avais les week-end libres. De plus nous ne veillons jamais à deux hommes ; je remplace une collègue malade, c’était moi ou une jeune infirmière qui a eu des jumeaux l’année dernière, je me suis porté volontaire, persuadé qu’elle préfèrerait mieux passer son week-end avec ses enfants et son mari ; j’ai été absent six mois, je trouvais normal de rendre ce service. Mais le doigt inexorable du destin s’est pointé sur moi cette nuit là sans que je me rende compte des conséquences que cela impliquera.
H moins vingt minutes
Il est une heure du matin, toujours rien de particulier dans le service, si ce n’est ce patient qui frappe régulièrement, un vrai métronome de la folie qui va finir par réveiller les occupants de la chambre d’à côté ; de toutes façons nous savons qu’il faudra y aller, ne serait ce que pour une raison pratique : toute l’eau qu’il a bue aujourd’hui, il devra nécessairement l’évacuer, autant prévenir ce problème et l’inciter à aller au wc de sa salle de bain, bien qu’il ne le demande pas. Nous avons assez d’exemples où il a littéralement inondé sa chambre en urinant partout.
Ce sera l’occasion de lui parler pour le rassurer à nouveau et le mettre en confiance, tout en lui proposant de se coucher, nous jetterons un œil également sur les sangles de maintien qui sont quelques fois fixées sur son lit ; si elles n’y sont pas et qu’il devait poser problèmes par la suite, nous appellerons du renfort pour les installer.
Tout en terminant de discuter de choses et d’autres nous allons dans le bureau pour poser le téléphone, jeter un œil sur l’écran de contrôle, je vide mes poches des objets inutiles (lunettes, stylo…) vieux réflexe d’infirmier psy pour l’éventualité d’une agitation soudaine, il ne faut pas être gêné dans nos mouvements. Je positionne mon P.T.I à portée de main, fixé sur la poche supérieure de ma tenue, tourné vers l’extérieur, il y a juste à appuyer sur le bouton au cas où. Je fais cela sans réfléchir, d’autant plus qu’il ne s’est pas montré une seule fois agressif depuis que nous avons pris notre veille à vingt heures. Nous nous dirigeons donc vers la chambre.
H zéro
Dimanche 13 mai 2007, une heure vingt du matin. Je mets la clef dans la serrure, la tourne, ouvre la porte, il apparaît sur le seuil, calme mais inquiet pour le petit déjeuner, nous commençons à le rassurer, il nous suit au milieu de la chambre. Nous restons professionnels : dialogue avec le patient, maintien d’une certaine distance, vérification discrète si les sangles sont présentes sur le bord du lit (elles n’y sont pas).
Tous nos sens doivent certainement être en éveil car j’ai un pressentiment, sans toutefois le cerner, comme un animal qui se fie à son instinct pour repérer le danger. Il est debout près du mur, semble impatient, piétine sur place et refuse de se coucher. Nous avons compris qu’il faut sortir de la chambre, récupérer des sangles et s’attendre à appeler du monde.
Soudain il se fige, les bras tendus le long du corps, serre ses poings, le regard change. Ce regard ! Un regard d’halluciné ! Il n’est plus là, qu’est ce qu’il voit ? Face à lui, je suis en plein dans sa trajectoire, mon collègue est décalé, c’est certainement cela qui va l’épargner.
Des années que je bosse en psy, j’en ai vu des regards hallucinés, des patients qui « montaient » puis pétaient les plombs ; mais là ?! En une fraction de seconde je me rends compte que je n’ai jamais vu un changement aussi brusque, cette fraction de seconde me fait percuter qu’aucun cours théorique, qu’aucune expérience sur le terrain ne m’a préparé à cette métamorphose ; cette fraction de seconde me fait carrément prendre conscience qu’il va se passer quelque chose de nouveau, quelque chose à quoi rien ni personne ne nous a préparés, quelque chose de mauvais, d’incontrôlable. Quelque chose qui va au-delà de notre expérience, nous sommes deux « anciens » mais l’expérience ne va servir à rien. J’ai à peine l’impression de ressentir la peur le long de la colonne vertébrale, impossible à décrire par des mots…tout cela en une fraction de seconde…cette fraction si courte et pourtant si longue.
Il marchait dans la ville sans savoir où il allait. Cela faisait une semaine qu’il avait appris la nouvelle de la mort de sa mère. Il ne savait que penser, un peu perdu et triste. La mort en soi est une chose naturelle. Mais le questionnement qu’elle soulève est tellement vaste et profond, qu’il peut sembler que plus rien n’a d’importance. La vie, la mort, la douleur existentielle, nous accompagnent, mais notre ingéniosité à ignorer la mort, notre souci quasi permanent de ne pas y penser, donnent une impression de glissade continue, de frivolité.
Il avait 35 ans et n’avait jusqu’alors pas beaucoup travaillé, du moins pas selon les critères officiels de cotisation qui donnent droit à la retraite. Hormis le baccalauréat, il n’avait pas de diplômes. Plusieurs années d’études infructueuses, de stages et formations dans des domaines divers et variés, l’avaient amené à une sorte de néant social qui lui laissait un goût amer, un écœurement envers tous les attributs de la réussite. Il ne savait pas ce qu’il allait devenir. L’avenir représentait une sorte de trou noir, une gorge béante qui débouchait sur du vide.
Il se sentait de plus en plus étranger à cette société qui avait des normes et des critères, des valeurs et des repères. Partir eut été une solution, mais il n’en avait pas le courage. Et puis, pour aller où ? Vers un ailleurs qui aspirait de toutes ses forces à devenir ce que justement il quittait, qui faisait du monde occidental un modèle ? Non, très peu pour lui. Vers une autre culture, une autre façon de penser, comme ces gens qui partent en Inde ou au Tibet ? Cela ne l’intéressait pas non plus. C’était trop éloigné de lui. Il était coincé entre son désir de fuir et sa crainte de l’inconnu.
Un immense sentiment de solitude s’abattit sur ses épaules. Il avait tout à coup envie de pleurer, comme un petit garçon perdu dans une cour d’école au milieu d’autres garnements, qui chahutent et crient à qui mieux mieux, provoquant un immense brouhaha générateur de panique intérieure, où l’âme humaine n’a qu’une envie : tout balayer dans un cri d’effroi et d’angoisse, sorti du plus profond de l’abîme qui peut habiter un homme.
Il éprouva le besoin de s’asseoir et avisa un banc situé dans un petit square. Là, en retrait de la ville, son angoisse s’apaisa. Les larmes ne vinrent pas tout de suite. Et lorsqu’elles vinrent, il cacha son visage entre ses mains et se laissa aller, pleurant à chaudes larmes. Quand l’amertume reprit le dessus, les larmes cessèrent de couler. Ses yeux se perdirent dans le vide. Il se remémora son enfance et son adolescence.
Il en voulait à ses parents. Il leur reprochait leur médiocrité, leur manque d’ambition. Avec eux, il n’avait pas eu le bon exemple, celui qui s’harmonisait le mieux à la société dans laquelle il vivait et où l’argent était la clé, le sésame de nombreuses opportunités. C’était ainsi qu’il expliquait sa misère. Il était devenu un gagne-petit sans avenir pour cause de mauvais exemple. Pourtant, le souvenir de ses jeunes années d’écolier vint contrarier cette idée. Il ne pouvait ignorer le fait que déjà, indépendamment de toute influence parentale, il était à l’arrière, à suivre les autres. Du coup, reporter la responsabilité de son échec sur sa famille était facile, mais était-ce juste ? N’était-ce pas nier sa faible personnalité et sa timidité, son effacement au profit des plus entreprenants ?
Il resta assis une bonne heure, à observer de tout jeunes enfants qui jouaient au loin, à écouter le bruit du vent agitant la frondaison des arbres et d’où perçaient des piaillements d’oiseaux. Un coup d’œil à sa montre lui indiqua qu’il était 17 heures. Il se leva et rentra chez lui.
Denis Martin n’avait pas d’ami. Il vivait seul dans un F1 conventionné du 20e arrondissement de Paris. Les frais occasionnés par l’incinération et l’inscription mortuaire étaient justes couverts par la prime d’assurance. Il ne se faisait pas à l’idée de garder l’urne enfermant les cendres de sa défunte mère. A la nuit tombée, il irait la jeter dans une poubelle de la rue voisine.
Son appartement ne contenait que le strict nécessaire. Il n’y avait rien de superflu, pas une photo, une image ou un tableau pour égayer les murs. Des fenêtres, on voyait une large avenue coupée en deux par un terre-plein qui servait d’emplacement au marché les mercredis et les dimanches. C’était pour lui un petit plaisir que d’observer l’agitation du dehors, les passants et revenants, la vie des commerces. Voir sans être vu, s’autoriser des commentaires et inventer des histoires l’amusait. Il était devenu un voyeur, non pas par vice, mais par accoutumance, par ennui. Il passait son temps à observer, à contempler. La vie des autres était un spectacle au mépris de sa propreexistence. C’était une bien pauvre distraction et il n’était pas dupe de son état misérable.
Au fond n’était-ce pas là la source de son mal ? Avoir conscience de ce qu’il était vraiment : un homme pauvre, un pauvre homme perdu et sans avenir.
Qu’importe la misère si les petites joies de la vie vous suffisent ou vous aveuglent au point de l’ignorer. Certains iront jusqu’à évoquer une forme de sagesse dans l’acceptation. Denis n’était pas aveugle, il avait parfaitement conscience de son être intérieur, et cela était pour lui une véritable souffrance. Au-delà de sa misère matérielle, il percevait sa lâcheté, sa veulerie et son inconsistance. À l’idée de passer le reste de sa vie dans cet état de pauvreté humaine, dans ce magma de mièvrerie existentielle, il en éprouvait de terribles angoisses. Il suait, tombait à genoux et se terrait dans un coin comme un animal traqué. Denis était traqué par sa vérité. Une vérité qui, dans ces moments-là, lui était insoutenable.
Mais jusque dans ces pires instants, il ne cédait pas à l’idée d’en finir. La peur de la douleur d’abord, puis du saut dans l’inconnu ensuite, l’avaient empêché de se suicider. D’autre part, il se sentait incapable de changer, d’éradiquer ces mauvais sentiments pour adopter un autre comportement. Il eut fallu se battre, lutter, aller au-delà des apparences, voire de certaines évidences pour accéder à une situation qui lui eut valu de la reconnaissance, et peut être même procuré du bonheur.
Il n’en avait pas la force. Il faut dire que l’effort, aussi bien physique qu’intellectuel, ne lui était pas habituel. Depuis bien longtemps, il s’était laissé happer par le poste de télévision avec pour corollaire, de longues heures d’inactivité, des remises au lendemain et au final du temps perdu. Mais aujourd’hui, le peu qu’il recevait en échange ne lui suffisait plus. La vie des autres, relatée par le petit écran, qu’elle soit fiction ou réalité, avait perdu de son effet anesthésiant sur Denis. Le réveil était chaque fois plus douloureux. Sa misère était toujours là, plus tangible que jamais.
Dans l’ombre des arbres, cachés dans des voitures alignées les unes derrière les autres, des hommes guettent. Ils attendent impatiemment leurs proies. Tiens voilà qu’ils aperçoivent une tête dans le lointain. La première voiture démarre et va à la poursuite de son gibier. L’attaque peut être très longue ou très courte. Le but de cette chasse est de ramener le plus de têtes possible sans se faire remarquer. Mais pourquoi faire ? Où vont ces têtes ?
Eh bien, dans une fabrique ! Oui dans une fabrique, une fabrique de fromages de têtes. Mais qui donc est à la tête de cette fabrique ? Le Coco de mort.
Le Coco de mort
Sous sa coque d’apparence calme, lisse de joie, il renifle chaque tête à son arrivée, fait conserver les meilleures, celles qu’il a tant désirées, en chambre d’attente, pour mieux les savourer. Les autres, après une pause de satisfaction, sont écrasées et transformées en fromage pour la consommation. Mais qui donc est-il ce Coco de mort ? De quelle planète vient-il ? Pourquoi est-il si affamé de ces têtes d’hommes ? Quel esprit habite donc en lui ? Combien de temps lui faudra-t-il encore pour fermer sa boucle ?
Avaler la cervelle des sensés, s’engloutir de la force des musclés en pensant accaparer leurs énergies cachées !
Mais sait-il qu’en formant sa coque de cette sorte, il crée sa propre croix intérieure ? Sait-il aussi qu’au fond de sa conscience il est en train de s’épingler en croix ?
Il tournera en rond autant de fois qu’il pourra et qu’il lui faudra dans son univers, mais un jour viendra où il portera sa croix.
- Sur ce chemin là, dans cette Vie là, le temps fait son cours sans vraiment se soucier de l’avenir, mais tout de même s’améliore de cycle en cycle. Heureusement, et Dieu merci ! Autrement quel carnage ce serait !
Pour accompagner sa nouvelle parution Le nouveau questionnaire de
BZ
Ma vertu préférée ? BZ : SERVIABLE
Le principal trait de mon caractère ? BZ : REVEUR
La qualité que je préfère chez les hommes ? BZ :LA CONFIANCE Et chez les femmes ? BZ :LA SENSUALITE
Mon principal défaut ? BZ : L’IMPULSION Ma principale qualité ? BZ : L’EMPATHIE
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? BZ :LA SINCERITE
Mon occupation préférée ? BZ : YOGA MEDITATION
Mon rêve de bonheur ? BZ :LA CONSCIENCE UNIVERSELLE
Quel serait mon plus grand malheur ? BZ : L’INTELECTUALISME CHRONIQUE
A part moi-même qui voudrais-je être ? BZ : UN CAMELEON
Où aimerais-je vivre ? BZ : au pied de L’ILLIMANI
La couleur que je préfère ? BZ : VERT
La fleur que j’aime ? BZ : COQUELICOT
L’oiseau que je préfère ? BZ : COLIBRIS
Mes auteurs favoris ? BZ : JULES VERNE, OSCAR WILDE Mes poètes préférés ? BZ : LE VENT, LA PLUIE, LE SOLEIL
Mes héros dans la fiction ? BZ : KIRIKOU
Et mes héroïnes favorites ? BZ : MULAN
Mes compositeurs préférés ? BZ : CUMPAY SEGUNDO, BRASSENS
Mes peintres préférés ? BZ : BOTERO et ROUSSEAU (le douanier)
Mes héros dans la vie réelle ? BZ : sœur EMMANUELLE, y .NOAH, n.HULOT Mes héros dans l’histoire ? BZ : JESUS
Ma nourriture et boisson préférée ?
BZ :LA SOUPE
Ce que je déteste par-dessus tout ? BZ : LA SEGREGATION
Le personnage historique que je n’aime pas ? R: LUCIFER Les faits historiques que je méprise le plus ? BZ : LA PECHE à LA BALEINE et LE MASSACRE DES BEBES PHOQUES
Le fait militaire que j’estime le plus ? BZ :LA REVOLUTION del. « Ché »
La réforme que j’estime le plus?
BZ : L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE
Le don de la nature que je voudrais avoir ? BZ : ETRE TRANSPARENT
Comment j’aimerais mourir ? BZ : JOYEUX
L’état présent de mon esprit ? BZ : ESPIEGLE
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence ? BZ : LE MENSONGE Ma devise ? BZ : FAIT-LE AUJOURD’HUI, DEMAIN TU SERAS MORT !
Pierre Hirsinger
James Bond Au service de Sa Majesté la Suisse
Épique, unique, atypique,… les adjectifs se bousculent pour parler d’Au service secret de Sa Majesté, l’un des films les plus intenses et les plus originaux de la mythique saga cinématographique des James Bond.
À l’occasion du 40ème anniversaire du film, ce livre vous invite à une passionnante plongée au cœur des Alpes suisses, à la rencontre de celles et ceux qui ont contribués à faire de ce long métrage une œuvre singulière et attachante.
À travers des témoignages rares et des documents parfois inédits, l’auteur retrace (deux ans et demi d’enquête et de passion à l’appui) l’épopée du tournage helvétique d’Au service secret de Sa Majesté, où les héros ne se nomment pas tant George Lazenby, Diana Rigg ou Telly Savalas qu’Annelis Stähli, Ruedi von Allmen, Heinz Brunner… et bien d’autres !
L'auteur :
Né en 1981, Pierre Hirsinger vit en Alsace où il est enseignant. Il est l'auteur de nombreux articles sur les séries télévisées britanniques et sur James Bond. Fan invétéré des romans de Ian Fleming, il s'intéresse particulièrement aux différents lieux de tournage des films de 007. Amoureux des montagnes suisses qu'il arpente très tôt, il allie ses deux passions en investissant la vallée de Lauterbrunnen et en allant à la rencontre de ses habitants. Il consacre son année 2006 (et les suivantes...) à rencontrer, interviewer, écouter ceux qui ont eu la chance de vivre le tournage de 1968/69.
James Bond au service de Sa Majesté la Suisse est son premier ouvrage.
Attendre mes 60 ans pour commencer à écrire un roman, c’est un peu fou !
Qu’importe, le tout c’est de l’écrire.
L’idée, elle était là depuis longtemps, elle trottait depuis toujours. Ecrire des poèmes à 10 ans, des nouvelles à 20, vouloir être journaliste à 15, ce n’est peut-être pas la même chose, quoique ?
Seule excuse, maintenant j’ai le temps. Je découvre ce que je soupçonnais, le plaisir d’écrire, d’inventer, d’exister à travers des personnages.
Le plus difficile est de commencer, gros challenge. Mal à l’aise avec mes souvenirs littéraires et philosophiques scolaires. Vocabulaires oubliés, manque de maîtrise de la syntaxe, n’aident pas à avoir confiance en soi.
Puis petit à petit, le stylo et le cerveau se libèrent et le plaisir arrive. Un bonheur intense. Une jouissance solitaire qui vous isole du monde.
Pendant ces mois d’écriture, j’ai vécu tous les jours avec mon roman. Il m’accompagnait partout dans ma tête, au détour d’un café, ou dans la rue. Une idée germait, « Tiens, il faut que je parle de cela ! » Je n’étais jamais seule. Il m’a nourri, enrichi, c’était mon alter ego, mon génome.
Parfois, des jours sans écrire, manque d’inspiration ou de temps, puis d’autres où les doigts pianotent sur le clavier à toute allure, comme une écriture automatique. Je couvrais alors quatre pages en un rien de temps. C’était génial !
Un livre, quoi de plus fragile, pourtant, on ne le jette pas, on ne le détruit pas, comme l’amitié.
Que l’on me pardonne mes mes lapsus, mon style peut-être, mes erreurs grammaticales ou de liaisons, que sais- je encore. C’est la faute à mes moments de nonchalance et de rêverie, tout au fond de la classe, près de la fenêtre,pendant les cours de français, dommage, je regrette de ne pas avoir pris cette chance plus au sérieux. J’aurais vraiment dû écouter mon prof, maître Dufflot, pour écrire mon histoire. Que de regrets, dans ma vie, surtout quand il n’y a plus rien à faire pour les rattraper. Encore dommage. Depuis de longues années déjà, j’avais l’intention d’écrire, au moins quelques notes sur les anecdotes qui me revenaient en mémoire et bien sûr, je reportais toujours au lendemain. Me voici à soixante piges et m’aperçois qu’il faudrait peut-être que je m’affole. Évidement, je n’ai nullement la prétention de vouloir me faire passer pour un littéraire ou un écrivain, d’ailleurs, dans mon esprit, il n’est nullement prévu de faire un best seller de mon “charabia” et je ne le ferai lire qu’à mes tout proches. L’avantage d’écrire, je m’aperçois que je retrouve plein de souvenirs enfouis au plus profond de moi-même,des souvenirs qui reprennent vie au fur et à mesure que l’anecdote se développe sur la page blanche. Et puis se remarque aussi, une petite hantise au fond de moi, une mini panique qui traduit ma peur d’oublier telle ou telle histoire. Alors, vite il faut prendre note. La nuit, les insomnies et les rêves aussi sont donc propices aux détails d’une histoire. J’ai toujours eu la chance de beaucoup rêver et de m’en souvenir au réveil. Sur ma table de nuit, un petit calepin et un crayon attaché au bout d’une ficelle me permettent de noter mon rêve. J’ai une petite crainte, c’est d’en faire trop aussi et de devenir ennuyeux en narrant mes histoires, qui me semblent dignes d’intérêt et pour d’autres super ennuyeuses. Ma démarche n’a pas non plus pour but de remettre les choses à leur place, ni dedénigrer ou casser qui que ce soit. Je crois que les hasards et les circonstances de la vie font que tout a un sens profond et par conséquent doit être ainsi. Qui sait, peut être que grâce à ces lignes, je serai moins vite oublié de mes enfants qui auront ainsil’occasion de me lire et de me garder plus facilement en mémoire. Prétentieux? Non, je ne le pense pas. Mais laisser une toute petite empreinte sur papier de mon insignifiant petit passage sur cette terre me ferait certainement plaisir... Par moment, souvent lorsque je voyage seul dans ma voiture, je m’envole dans mes souvenirs, et j’essaie de reprendre la chronologie de ma vie, tout de même, elle n’est pasvraiment triste ni monotone. Très souvent, je me suis fait de grands plaisirs autant certainement que de grandes frayeurs pour ne pas dire carrément de sacrées frousses. Je n’ai pas non plus envie de raconter ma vie du jour de ma naissance à aujourd’hui, qui je pense doit certainement ressembler à la vie de chacun d’entre nous qui sommes lecommun des mortels. Je préfère relater les différents épisodes vécus à différentes périodes et endroits où m’avaient conduit les hasards de ma vie.